Fiche de révision de texte – oral EAF

Titre du texte / oeuvre / date : Le mariage de Figaro, 1778 (première représentation en 1784)

Auteur : Beaumarchais


Très bien 17/20.



Objet d'étude :

  • Le texte théâtral et sa représentation, du XVIIème siècle à nos jours


Beaumarchais était un homme d'affaires français, musicien, poète et dramaturge. Il est connu pour ses talents d'écrivains et son goût de la parade, du comique libre, qui caractérise ses premières productions, se doubla d’une passion toute différente pour le drame bourgeois.
Il est une figure emblématiques du siècle des Lumières, considéré comme un précurseur de la Révolution française et de la liberté d'opinion.
Homme éclairé de son siècle, il y répandra sa lumière pour y dénoncer l’iniquité de son époque.



Période ET mouvement littéraire :

  • XVIIIème siècle : Mouvement des Lumières

    Les lumières dénoncent au nom de la Raison et de valeurs morales les oppressions qui perdurent à leur époque. Ils contestent la monarchie absolue en revendiquant un contrat social de l'autorité politique. Relayé par les élites aristocratiques et bourgeoises, le mouvement des Lumières a produit un véritable bouleversement de la pensée et a ébranlé les certitudes anciennes. Son influence a été déterminante dans la déclaration de la révolution française.


Genre :

  • Théâtre (Comédie)


Il expose une action dramatique sous forme de dialogue entre les personnages. Le théâtre est écrit pour être représenté plutôt que pour être lu. Il suppose des acteurs, des costumes, des décors, un public. Le public au théâtre peut impliquer une situation d'énonciation.

Le Mariage de Figaro est une comédie en cinq petits actes dont la première représentation officielle eut lieu le 27 avril 1784 au théâtre de l’Odéon, après plusieurs années de censure. Chef-d’œuvre du théâtre français et international, la pièce est considérée, par sa dénonciation des privilèges archaïques, comme l’un des signes avant-coureurs de la Révolution française. Beaumarchais y remet en scène les principaux personnages de sa pièce Le Barbier de Séville ou la Précaution inutile (1775) Une troisième pièce viendra clore la trilogie en 1792 : L’Autre Tartuffe ou la Mère coupable. Cette pièce s'inscrit dans le mouvement culturel et littéraire des Lumières en ce qu'elle s'oppose au modèle classique du XVIIe siècle tout en situant l'intrigue dans son siècle mais en s'attaquant à la société de son temps.



Registre :

  • Comique : Très fréquent au théâtre, le registre comique peut avoir plusieurs fonctions : il vise à faire rire et à divertir, à dédramatiser une situation angoissante, ou il peut également avoir une fonction critique efficace, en mettant en évidence les défauts des hommes, de la société pour les corriger. Le mariage de Figaro est une comédie dominée par “l'ancienne et franche gaieté” : celles des caractères de Suzanne et de Figaro, celles des situations et celle du verbe. Beaumarchais use de tous les ressorts du comique, en fidèle héritier de la farce, de la commedia dell'arte et de la comédie moliéresque.







Mots-clés






Problématique : Comment la dimension comique de cette scène d'exposition dissimule-t-elle une intrigue plus sérieuse ?


Grands axes du plan :

  1. Une scène d'exposition traditionnelle

  2. Le jeu verbal et le comique gestuel

  3. Une intrigue sur le thème de l'amour



Définitions

  • Scène d'exposition : La scène d'exposition d'une pièce de théâtre est une scène (ou un acte) fournissant les éléments nécessaires à la compréhension de la situation initiale. Il s'agit en général de la première scène.

Notions




Introduction rédigée :


En plein siècle des Lumières et à la veille de la révolution, Beaumarchais décide de remettre en scène les personnages du Barbier de Séville et publie en 1778 Le Mariage de Figaro, comédie théâtrale en cinq actes, dont la première représentation n'aura lieu qu'en 1784, après plusieurs années de censure. Cette pièce s'inscrit dans le mouvement des Lumières en ce qu'elle s'oppose au modèle classique du XVII°eme siècle. Le dramaturge est considéré comme l'un des précurseurs de la Révolution française, car il défend dans ses œuvres la liberté d'opinion et dénonce les inégalités de sa société grâce au comique présent tout au long de la pièce. À travers cette scène d'exposition, qui donne une information rapide sur les principales données de l'intrigue, Beaumarchais confirme n'hésite pas à critiquer l'ordre social et moral du XVIIeme siècle en prenant pour héros un simple valet et en dénonçant les privilèges du Comte, maître de Figaro. Nous pourrons alors nous demander comment la dimension comique de cette scène d'exposition dissimule-t-elle une intrigue plus sérieuse ?

Tout d'abord, nous étudierons l'aspect traditionnel de cette scène d'exposition. Ensuite, nous analyserons le jeu verbal et le comique gestuel. Pour finir, nous nous interrogerons à propos de l'intrigue sur le thème de l'amour.



Plan détaillé :


    I. Une scène d'exposition

    1. La chambre comme lieu symbolique

Idée : La chambre n’est pas seulement ici un décor le lieu résume par lui-même la situation des personnages : le signe de la désunion du Comte et la Comtesse et aussi le lieu de la luxure et de l’intimité. Il résume bien aussi le rôle social de Suzanne et Figaro : la chambre, selon Figaro, faciliterait le service des domestiques et pour Suzanne représente un piège.



Exemples :

  • CL logement : chambre (l.9) , lit (l.7) , chambre du château (l.21) , deux appartements (l.22), château (l.31), logement (l.32) : Chambre du château appartenant au Comte : représente la dépendance du valet à son maître. Le lit est ici le symbole de l'amour conjugal mais aussi celui du libertinage et de la tromperie.

  • Superlatif « la chambre la plus commode » : le sens de commode est ici à comprendre comme “accessible” qui fait référence à la réelle intention du Comte vis à vis de Suzanne. Si Figaro accepte la chambre c’est comme si il acceptait que Suzanne soit offerte aux désirs du Comte. Figaro utilise un vocabulaire positif (beau lit l.7, bonne grâce l.8, la plus commode, l.21) il n'est pas mécontent de la chambre, mais pour Suzanne, c'est le contraire: elle y voit l’acceptation de sa soumission.

  • Stichomythie (l.9 à 17) : Réponse sèche de Suzanne après l’allusion au comte de la part de Figaro. Cela marque le désaccord sur le chambre : Figaro est naïf. Suzanne sait que le comte veut profiter de la situation elle connaît sa réelle intention. Figaro présente son maître comme une personne généreuse alors que Suzanne voit en lui une personne profiteuse.

  • Parallélisme ligne 23-24 : La chambre se trouve entre les 2 appartements de la comtesse et du comte. Le fait que la chambre soit située là souligne la séparation amoureuse du comte et de la comtesse, mais aussi le lien de l’entre-deux de la morale et des convenances et des désirs inconvenants pour la morale sociale.


Conclusion : La pièce symbolise un sentiment de dépendance sociale et morale ; les serviteurs se doivent d’être toujours prêts à répondre à leur appel, le plus vite possible. L’allusion au lit contribue à renforcer cette signification symbolique du décor : ce meuble absent résume bien l’idée du mariage encore non consommé, et l’ambiguïté des cadeaux que le Comte fait à ses serviteurs.











  1. Des activités concrètes et banales


Idée : Dans cette scène d'exposition, Beaumarchais met en scène des activités banales afin de masquer les messages sociaux dans un mouvement de débauche et d'énergie. Il procède par sous-entendus pour faire de cette pièce une réelle intrigue pleine de dénonciations. De plus, Suzanne a réussi a voir le vrai jeu du comte, elle cherche à faire comprendre Figaro pour pouvoir s'échapper de cette situation et des manigances du Comte.


Exemples :

  • Activités banales: Champ lexical de la chambre : « chambre», «commode », « tient le milieu des deux appartements » montre qu’il découvre les lieux avant le mariage. A travers des activités ordinaires , Suzanne veut nous faire part de ses craintes

  • Parallélisme (ligne 25-26) : A travers l'évocation d'activités banales (“pour te donner quelque bonne et longue commission) Suzanne veut faire ouvrir les yeux à Figaro sur la réelle intention du Comte.

  • Litote (ligne 30 à 32) : A travers l'évocation d'activités concrètes, Suzanne évoque son inquiétude face à la situation dont Figaro ne se rend pas compte. Elle souhaite le faire réagir et lui dévoiler le réel sens de toutes ses activités “banales” que le Comte lui demande de faire.

  • Champ Lexical du mariage : Evoque les préparations du mariage. Renforce la naïveté de Figaro, qui lui est impatient. Cependant Suzanne connait la réelle intention du comte : il veut obtenir son droit de cuissage par rapport à Suzanne.


Conclusion : Derrière ce dialogue anodin et l'évocation d'activités banales et concrètes, ce sont toutes les réelles intentions du Comte qui y sont dissimulés. Suzanne veut faire réagir Figaro face à cette situation mais Figaro est très naïf et ne voit pas le réel jeu du Comte.



    II. Le jeu verbal et le comique gestuel

    1. Le comique de caractère


Idée : Beaumarchais critique la société dans laquelle il vit par le biais de personnages aux personnalités et caractères différents. En effet, il dénonce la noblesse à travers le Comte, un personnage vicieux et qui profite de sa situation privilégiée ; il défend les femmes en imaginant une Suzanne intelligente et rusée ; enfin, il interpelle le lecteur sur la situation de Figaro, un valet naïf.


Exemples :

  • L 27 : « qu'entendez-vous par ces paroles ? » : cette question adressée à Suzanne montre la naïveté de Figaro. En effet, lui ne voit pas clair dans le jeu du Comte contrairement à sa fiancée.

  • L 37 : « -Tu croyais bon garçon ! Que cette dot qu'on me donne était pour les beaux yeux de ton mérite ? » Suzanne s'adresse sèchement à Figaro dans le but de le faire réagir grâce à une personnification. De plus, les exclamations expriment l'indignation.

  • L 25 et 26 : « Fort bien ! Mais quand il aura tinté le matin pour te donner quelque bonne et longue commission, zeste ! En deux pas il est à ma porte et crac ! En trois sauts … » : on découvre ici le caractère rusé de Suzanne à travers l'emploi d'un parallélisme. On peut aussi remarquer le champ lexical de la ruse avec notamment « Y a t-il encore chose là dessous ? » qui dénonce les actes du Comte.

  • On observe dans ce dialogue de nombreuses phrases interrogatives et exclamatives : ce sont principalement des questions oratoires de Suzanne et des remarques et questions naïves de Figaro. Les caractères clichés sont ainsi amplifiés.


Conclusion : Le comique de caractère est ici utilisé pour se moquer du Comte et plus généralement de la noblesse. Le dramaturge critique également les inégalités entre les hommes et les femmes. Toutefois, il laisse à Suzanne l'image de la ruse et de l'intelligence.



    1. Le comique de geste


Idée : Beaumarchais utilise le comique de geste, vieux procédé de la farce. En effet, il règne sur scène une joyeuse animation. IL fait appel à ce comique pour accentuer les paroles des personnages et surtout la colère de Figaro contre le Comte.


Exemples :

  • L35: métaphore / Hypothèse : « si jamais volée de bois vert appliquée sur une échine a dûment redressé la moelle épinière à quelqu'un... » : Figaro parle du Comte sans le citer car à cause de son infériorité (il est valet), il ne peut pas lui infliger une correction corporelle mais en exprime l'envie de manière détournée.

  • Figaro mime ses gestes quand il veut battre le Comte : accentue et met en valeur la colère de Figaro

  • Didascalies : L50 : « Se frottant la tête » : / Métaphore « Ma tête s'amollit de surprise » : parallèle entre ses gestes et ses paroles : montre la surprise de Figaro voir même son incompréhension.


Conclusion : Les mimiques des personnages permettent d’exagérer le caractère ridicule des différentes personnes présentes. De plus derrière le personnage de Figaro on peut déceler la vitalité de Beaumarchais, qui a eu l'audace d'avoir choisit un valet comme héros. Figaro ne mène le jeu pas seulement par l'intrigue mais aussi par le jeu scénique. On rit avec Figaro, on ne rit pas de lui.




  1. Le rôle du spectateur


Idée : Cette scène d'exposition informe, renseigne le spectateur sur les personnages présent dans la scène et leur relation. Le rôle de celui-ci est majeur, en effet il doit comprendre et interpréter le message transmit par Beaumarchais à travers des propos implicites tenus par ses porte-paroles : ses personnages. Le dramaturge critique les inégalités sociales et la société de son époque.


Exemples:

  • vers 9 à 18 : les réponses sont brèves & sèches (stichomythie) ce qui évoque une tension entre les deux personnages liée à un problème sous-jacent, les spectateur est attiré par cette vivacité et ce conflit étrange au vu du moment.

  • Paradoxe (vers 40) : remet en cause les évidences et produit un effet de surprise

  • Le discours de Suzanne est un modèle rhétorique :Toutes ses paroles relèvent de la prétérition (vers 17-18 “Si je n’en veux pas dire”) : dire une chose tout en disant qu'on ne l’a pas dit => Beaumarchais veut faire réagir en agissant de façon implicite.

  • Onomatopées “crac” zeste”; qui par leur vivacité amènent une touche comique et permettent d’apporter du rythme et d'accélérer le récit afin de montrer les évidences non perçues par le naïf Figaro.


Conclusion : Beaumarchais use de différents procédés comme la touche comique et le discours rhétorique afin de faire comprendre implicitement sa critique au spectateur si celui-ci a un minimum d’esprit de réflexion. Celui-ci doit alors saisir que le dramaturge souhaite abolir les droits féodaux et engage ainsi suite une revendication sociale et politique.



  1. Une intrigue sur le thème de l'amour

    1. Un thème omniprésent et libertin


Idée : Le désir du Comte domine l'amitié qu'il a pour Figaro et Suzanne qu'il convoite secrètement. Après quelques années de vie commune le comte est touché par la lassitude, il abandonne donc sa femme et se prête au libertinage en faisant des propositions indécentes.


Exemples :

  • CL de l'amour «ma charmante » (ligne 3), «doux» (ligne 4), «un baiser» (ligne 18,26) = ce champ lexical attise la passion de Suzanne, son amour envers Figaro.

  • «d'une belle fille, est doux, le matin des noces, à l'œil amoureux» (ligne 4) = énumération donne un rythme au texte.

  • «c’'est de ta fiancée qu'il veut le racheter en secret aujourd'hui» (ligne 48) = euphémisme essaye de de faire comprendre en douceur à Figaro que le Comte la convoite.

  • «honnête agent de ses plaisirs» (ligne 33) = oxymore fait apparaître au grand jour le libertinage du Comte.

  • «Fort bien !» (ligne 25), « Que les gens d'esprit sont bêtes ! » (ligne 40), «Et bien !» (ligne 40) = les phrases exclamatives utilisées par Suzanne permettent d'attiser la passion de Figaro.


Conclusion : Le Comte, derrière sa sympathie feinte, tend un piège aux futurs mariés en leur offrant un lit. C'est dans ce lit nuptial qu'il souhaite tromper sa femme avec Suzanne et profiter de la jeune fille qu'il convoite. De plus, Beaumarchais critique ici l'infidélité et le libertinage.


    2. Le badinage amoureux


Idée : Tout au long de cette scène, Figaro et Suzanne vont exprimer leur amour à travers un discours joyeux ponctué de plaisanteries. Leur très grande confiance entre eux leur permet de s'opposer au Comte. De plus, cela permet à Suzanne d'exprimer ses craintes et de se confier à Figaro.


Exemples :

  • Aposiopèses : l.39,71,80,84, les personnages se comprennent à demi-mot : cela renforce la complicité et l'amour entre Figaro et Suzanne.

  • Les plaisanteries : « Mon front fertilisé … Ne le frotte pas … S’il y venait un petit bouton, de gens superstitieux…» allusion humoristique aux cornes qui dit-on parent le front des maris cocus, aussi les menaces humoristiques adressées par Figaro à l’encontre de Bazile (l.54-57). Leur capacité à l’un et à l’autre à plaisanter sur le sujet pourtant sensible du cocuage à la fin de l’extrait montre la confiance totale qu’ils se font mutuellement.

  • Onomatopées « zeste » « crac » (ligne 26) → Traite avec légèreté le sujet, Suzanne utilise ici des onomatopées pour faire comprendre simplement à Figaro les réelles intentions du Comte. Elle donne un sens grivois à la deuxieme onomatopée ce qui renforce le badinage amoureux.

  • Phrase exclamative (Figaro) : l.29 : exprime la colère un peu jalouse de Figaro et montre son amour pour Suzanne.

Conclusion : Cette scène est donc bien aussi une scène de badinage amoureux, qui démontre la gaieté inaltérable, l'entente profonde, la complicité des deux « amants ». L'amour partagé et la confiance mutuelle font de Figaro et Suzanne d'emblée des personnages sympathiques et forts, qui paraissent avoir les atouts suffisants pour triompher de l'obstacle constitué par le Comte.





Conclusion rédigée : À travers cette scène d'exposition, Beaumarchais tente d'exposer un désaccord entre Figaro et Suzanne et provoque un décalage entre la naïveté de Figaro et la lucidité de Suzanne afin de faire évoluer les prises de positon des personnages au fil de la pièce. Cette exposition installe aussi un ton : celui de la comédie spirituelle, le « badinage » et la « folle gaieté » dont parle Beaumarchais dans sa Préface, et dans le titre. Enfin, le dramaturge joue sur le côté comique de la pièce pour dénoncer les mœurs de l'époque comme l'infidélité, le libertinage, l'oppression et l'abus de pouvoir des nobles. De plus, l'auteur met en évidence la dépendance sociale et morale : dans une société d'ancien régime les valets font preuve d'avant garde en osant remettre en cause l'ordre féodal ancré dans les mœurs. Beaumarchais appelle ici à une prise de conscience et à la libération de la soumission. On pourra alors se demander en quoi la comédie permet-elle l'expression d'une remise en question sociale et politique ?



















Eva HEIDENREICH, Raphaelle LAFORGE, Baptiste HUOT –1°SB - Synthèse réalisée le 30/01/14




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