Fiche de révision de texte – oral EAF

Capitale de la douleur « La courbe de tes yeux » (1926)

Auteur : Paul ELUARD

15/20


  • Globalement, intro et conclusion : OK

  • plan détaillé : effets produits à reprendre avec précision et conclusion des sous-parties à retravailler.



Objet d'étude : L'écriture poétique en quête du sens, du Moyen-Âge à nos jours.

  Paul Eluard, poète de la première moitié du XXème  a été un des piliers du surréalisme qui s'intéresse à l'imaginaire, au rêve et à l'inconscient  dans les années 1920.


Période ET mouvement littéraire :

Le mouvement littéraire est le surréalisme dont les principes sont :créer un langage poétique qui exprime la puissance du rêve et du désir. Il s’appuie sur la psychanalyse pour revendiquer l’importance du hasard dans la création poétique. Ses objectifs sont : explorer l’univers de la magie, du rêve et de la folie ; combattre la censure exercée par la morale et la raison ;célébrer l’intensité de l’amour fou, source de création . Ses thèmes essentiels sont : le hasard, la coïncidence ;la liberté et la force créatrice du rêve ;fascination de la femme, qui réalise la fusion du rêve, du réel et du désir .


Genre :

La poésie : Art d'évoquer et de suggérer les sensations, les impressions, les émotions les plus vives par l'union intense des sons, des rythmes, des harmonies, en particulier par les vers.


Registre :

Lyrique : Le registre lyrique est l’expression des états d’âme et des émotions : plainte, regret, nostalgie, joie, etc. Le registre lyrique cherche à émouvoir le lecteur.



Mots-clés


reflet du monde ,

maternelle,

amour,

regard






Problématique : Comment ce portrait surréaliste permet-il l'évocation d'un bonheur intime ?


Grands axes du plan :


I-Un blason de l’œil


II-La femme offre le monde au poète


III-L'image de l'amour fou



Plan détaillé :

Introduction :

L’amour constitue un motif privilégié pour les surréalistes dans la mesure où ils le brandissent comme une véritable valeur, susceptible de contribuer à la libération de l’homme. C’est cet amour fou que célèbre Paul Eluard dans ce poème intitulé « La courbe de tes yeux », publié dans le recueil Capitale de la douleur en 1926. Ce poème se présente en effet comme un hommage à Gala, son épouse, mais il est également l’occasion pour le poète de révéler sa conception de l’amour. Ce mouvement littéraire et artistique né après la Première guerre mondiale repose sur l’imaginaire, le rêve, l’absurde mais aussi la révolte et donc sur la volonté de libérer l’homme des morales qui le contraignent et l’empêche d’agir. Ainsi, dans “La courbe de tes yeux”, l’auteur s’inspire des blasons de la poésie courtoise pour accentuer ainsi un amour basé sur une structure bien symbolique, un signe sur la joie d’aimer et un bonheur partagé qui s’accorde tous ensemble pour former une structure bien circulaire. L’auteur met donc en avant l’importance du regard de cette femme dans laquelle il se plonge, qui l'entraîne au fil du texte dans un amour qui le submerge. Cette femme sera ainsi le centre du poème mais à la fois le centre de son cœur.

Nous pourrons alors nous demander comment ce portrait surréaliste permet-il l'évocation d'un bonheur intime ?

Tout d'abord nous nous intéresserons à un blason de l’œil puis nous analyserons la femme qui offre le monde au poète , nous terminerons par étudier l'image d'un amour fou .



I/ Un blason de l’œil


a) La structure circulaire du poème


Idée : Le poète utilise la forme circulaire de l'oeil pour inspirer un poème dont les vers sont souples et la tonalité lyrique. A la manière du blason, à travers le portrait de l’œil, c'est le portrait de la femme qui est établit.


Exemples :

  • Dénotation de la courbe « tour », « courbe », « rond ». On peut dire que l'auteur nous met en avant la figure géométrique du cercle ainsi que l'ondoiement de la courbe – champ lexical du cercle (courbe v1, le tour v1, un rond de danse v2, auréole v3, monde v14 => connotation méliorative qui…

  • La cadence circulaire est aussi marquée par la fantaisie des rimes suivies, « La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur, Un rond de danse et de douceur » vers 1 et 2 qui sont souples comme une courbe => il joue à la fois sur le fond, la forme et les sonorités pour constituer une sorte d'image globale

  • Chiasme entre « Et tout mon sang coule dans leurs regards » au vers 15, et « La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur » au vers 1, ce qui renvoie au début du poème qui semble formé ainsi (de manière circulaire) => là encore c'est le fond et la forme qui participe à une présentation qui va du détail au global afin de présenter l'expression d'un jeu infini qui l'a rendu captif au sens propre comme au sens figuré


Conclusion : Toute cette structure du poème suggère l'ondoiement heureux du regard. Ce regard encercle le poète. Il est captivé, surtout si l'on se souvient que le cœur est le siège des sentiments et des émotions.


b) Le regard comme reflet du monde


Idée : La femme et son regard représentent pour Eluard une ouverture d'ordre universelle . Le regard de la femme a pour rôle d'être témoin des actions dans le monde mais aussi et surtout le reflet de celui-ci .


Exemples :

-CL de la vue/des yeux : « yeux », « vue », « regards » ; on observe l'omniprésence de la vue qui permet au lecteur et à Eluard de comprendre la situation du monde.

- « sourires parfumés » vers 7 est une métaphore qui signifie en réalité « la joie dans le regard » ce qui nous prouve qu'on peut dans les yeux observer des sentiments et des émotions .

Cette métaphore méliorative peut être mise en relation avec le champs lexical de la nature « feuille », « roseaux », « vent » ; afin de sublimer la femme.

-la métaphore vers 6 « feuilles de jour » fait référence aux pierres , elle décrit les élément de la nature ou même un berceau , cela nous porte vers une connotation maternelle .


Conclusion : La contemplation du monde comme le devenir de la femme est très important pour le poète qui cherche à être complice de la femme afin de comprendre les situations qui l'entourent .


  1. Le regard comme accès au monde

Idée : La femme, plus particulièrement son regard est le vecteur qui mène l'auteur dans un monde imaginaire. Elle est sa source d'inspiration.


Exemples :

  • « courbe », « coeur », Métaphore : « couvrant le monde de lumière » : Les images habituelles du nid et du ventre, images de circularité enveloppante, de rondeur close et protectrice sont ici remplacées par la thématique du miroir amoureux, les yeux et les mains.

  • L'indifférence de ce regard est confirmée par les nombreuses assonances en « ou » autant de sonorités sourdes. La longueur du premier vers met l'accent sur les deux éléments les plus importants : les yeux et le cœur (les sentiments).

  • Métaphore « couvrant le monde de leur lumière »


Conclusion : Les sentiments du poète sont visités, explorés par le regard de la femme, le « coeur » de l'amant se trouve enveloppé par le regard féminin. Les yeux sont des ouvertures, des fenêtres ouvertes sur le monde extérieur par lesquelles il on observe l'essence des choses.


II/ La femme offre le monde au poète


a) L'évocation de la nature


Idée: A travers le regard de la femme, le poète perçoit la nature et le monde.


Exemples :

  • Cl de la nature ; à la façon des synesthésies baudelairiennes, Eluard fait correspondre les objets matériels, les « feuilles », la « mousse », les  « ailes », les « roseaux » avec leurs impressions visuelles et odorantes par un jeu subtil d'associations : « feuilles de jour », « mousse de rosée », « Roseaux du vent » → aspects de l’œil et les modalités possibles du regard

  • La 2eme et la 3eme strophes ne forment plus qu'une seule phrase qui fait entrer le monde à travers la nature.

  • Ces 10 vers ont tous le même nombre de syllabes, contrairement à ceux de la première strophe. Dans cette longue phrase, il y a beaucoup de virgules : au début, juxtaposition d'idées fugitives.

  • Au contraire, àA la fin, on relève plus qu'une : la voix ne s'arrête presque plus (=enthousiasme) et il y a moins de rimes → cela connote l'envolée

  • Les 4 éléments sont représentés, la terre dans les feuilles et la mousse, l'eau dans la mer, le feu dans le jour et la lumière, et l'air dans le vent et le ciel. De plus, cette strophe mélange habilement les images de la nature, les couleur et la lumière. Ce sont des images qui rendent le poème très surréaliste, qui défie le lecteur de redéfinir sa propre réalité.

  • Cl de la nature ; à la façon des synesthésies baudelairiennes, Eluard fait correspondre les objets matériels, les « feuilles », la « mousse », les  « ailes », les « roseaux » avec leurs impressions visuelles et odorantes par un jeu subtil d'associations : « feuilles de jour », « mousse de rosée », « Roseaux du vent » → aspects de l’œil et les modalités possibles du regard


Conclusion : Ces associations surréalistes donnent au lecteur non seulement une image visuelle, mais par l'imaginaire fait participer tous ses autres sens. La présence d'images naturelles donne également au poème un ton de pureté et d'innocence.



b) La femme , déifiée


Idée : La femme donne naissance à tout , elle est la mère du monde , source et créatrice de toutes choses . La femme est présentée comme céleste, celle par qui le monde advient . Cette image établie la femme comme créatrice et comme la muse de l'auteur. La femme est une créature céleste par qui le monde advient .


Exemples :

-« lumières » , « astres », « ciel », « aurore » : CL du ciel . La femme est ainsi divinisé comme le montrent la profusion d'images de feu et de lumière associées au yeux .

- « Parfums éclos d'une couvée d'aurores

Qui gît toujours sur la paille des astres »

Il s'agit d'une métaphore filée de la naissance du monde grâce au regard de la femme aimée vers 11 et 12 .Les yeux sont comme une matrice qui donne vie à tout.

- « Auréole du temps » vers 3 , c'est une métaphore connoté religieusement : elle sacralise le temps .


Conclusion :La femme prend donc une place prépondérante pour Eluard . Valorisée par des métaphores flatteuses et exprimées de manière emphatique , elle a ainsi l'apparence d'un être céleste , presque divin : elle apparaît comme indispensable . Elle est l'élément qui donne naissance à toute création, et en particulier à la création poétique.


III/ L'image de l'amour fou


a) Le bonheur d'un amour partagé


Idée : La femme est plus proche physiquement de la terre : elle donne sens à tout. La poète conçoit l'amour comme fusionnel : le. Le couple n'est pas la réunion de deux personnes, mais leur fusion en un être unique.


Exemples :

  • On a tout un jeu des pronoms personnels et possessifs (v1 : « tes », « mon ») : Cette fusion est traduite par la forme géométrique du cercle, mais aussi par le jeu des pronoms et des possessifs de la 1ere et de la 2eme personnes, notamment au v15 « mon sang coule dans leurs regards » : il se distille en elle, ce qui nous montre que les personnages ne font plus qu'un.

  • On observe un parallélisme entre les sonorités des v1 et 15 : « La courbe de tes yeux ... »// « Et tout mon sang coule dans... » Cela peut évoqué un couple enlacé. Tout au long du poème, des éléments évoquent la sensualité (parfums, couleurs, bruits)


Conclusion: Ceci suggère une fusion entre le poète et la femme au point qu'ils semblent ne former qu'un seul être, unique. En effet , la femme permet au poète de s'ouvrir au monde et d'accéder à la réalité complètes, et de s'engager dans la création poétique d'un monde recomposé par la parole.(alors que les poètes ne sont pas toujours compris ).


b)Un homme dépendant


Idée :La femme est présentée comme permettant à l'homme d'être en vie. Elle paraît le dominer par sa capacité d’initiatives, sa prise de décisions mais aussi grâce à ses rôles symboliques tel que sa fonction de mère, de créatrice, de fécondité mais aussi de femme en tant qu'égale de l'homme.


Exemples :

-« dépend » répétition de ce verbe d'action vers 13 et 14 ; ces verbes montrent que cette femme agit sur lui , l'homme subit , il est passif .

- « Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu » vers 4 et « C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu » vers 5 , il s'agit d'une opposition + formulation négatives. On peut dire que ces paroles marquent une certaine fragilité de cette dépendance. Eluard ne vit donc que pour son amour.

- « couvée d'aurore »vers 11 , est une comparaison entre la femme et l'animal quip porte la naissance du jour et de la vie ;on peut dire que la femme est perçue comme un animal. L'auteur fait donc un rapprochement entre deux termes complètement opposés , ce qui accentue une idée symbolique. En effet , ce dernier perçoit le berceau comme une connotation maternelle infantile , rapprochement avec cette femme décrite dans ce poème.


Conclusion : Le poète se présentemontre comme dépendant à la femme car seule cette dernière est accommodédétentrice d'une force de création et de fécondité. Son épouse est sa muse, sa raison d'exister. C'est grâce à cet hommage qu'ile semble naîtrereexprimer l'amour de la femme et intensifier la dépendance.e

et de cette femme.


c)La femme et la renaissance du poète


Idée : La femme permet au poète de voir le monde à travers des yeux d'enfant donc d'un regard neuf , neutre et innocent. Elle favorise la renaissance du regard du poète, comme du jour, au travers le sien.


Exemples :

-On observe une opposition entre la lumière « jour » , « lumière » , « astres » et l'obscurité « nocturne » , « pas toujours vu » amène au point de réunion des opposés où tout s'harmonise .

-CL de la maternité « mère » « éclos », « couvée », caractérisée par des termes qui désignent la naissance montre que la femme est la mère et la créatrice du monde , la base d'un développement humain .

-« cœur » et « douceur » , « vécu » et « vu » sont des rimes de la première strophe qui disparaissent à la dernière strophe ce qui traduit les élans spontanées du poète .



Conclusion : Elle redonne vie au poète et permet l'éclosion du poème .L'amour se présente alors comme un lieu d'exaltation et de création poétique .


Conclusion rédigée :


La courbe de tes yeux” est un hymne à la joie d'aimer et au bonheur amoureux partagé. Eluard renoue avec le poème de courtoisie , mais le poète incapable de contempler le monde. Sans amour, sans sentiment, le poète n'est plus rien. Le regard absent de la femme traduit son indifférence et plonge son amant dans l'inaction. Avec le mouvement circulaire du regard de la femme, tout se passe comme si la présence indéfiniment répétée de l'aimée en chaque point de l'univers conférait à ce dernier une unité, un sens.
L’homme rend hommage aux yeux d’une femme, mais cet éloge dépasse le cadre physique et donc le genre du blason. Il s’agit pour le poète de souligner combien la femme est source de bonheur et principe de vie, mais aussi combien elle le libère en lui ouvrant de nouveaux horizons.
On pourra alors se demander si cette vision de l’amour, qui outrepasse la logique et accorde une large place au rêve, est commune dans l’expression poétique ?




SYNTHESE REALISEE PAR : Morgane BOULOGNE ; Manon GIRARDCLOS ; Alex PONCOT ( 1sB)

LE 29/05/2014




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