Texte à lire et à comprendre


L'ALBATROS, Baudelaire, Les fleurs du mal, livre II


Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage

Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,

Qui suivent, indolents compagnons de voyage,

Le navire glissant sur les gouffres amers.


A peine les ont-ils déposés sur les planches,

Que ces rois de l'azur1, maladroits et honteux,

Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches

Comme des avirons traîner à côté d'eux.


Ce voyageur ailé, comme il est gauche2 et veule3 !

Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !

L'un agace son bec avec un brûle-gueule4,

L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !


Le Poète est semblable au prince des nuées5

Qui hante la tempête et se rit de l'archer6;

Exilé sur le sol au milieu des huées7,

Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.



1Couleur d'un bleu intense.

2(Figuré) Qui est gêné, contraint, sans grâce.

3Qui manque de force, d'énergie (physique ou morale); qui n'a aucune volonté.

4Pipe à tuyau très courte

5Vieilli ou littér. Nuage de grande étendue, généralement épais et sombre, annonciateur de pluie ou d'orage.

6 Tireur à l'arc

7Cris, vociférations poussés par un groupe plus ou moins important de personnes pour manifester l'hostilité ou la réprobation.




Les champs lexicaux


L'ALBATROS, Baudelaire, Les fleurs du mal, livre II


Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage

Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,

Qui suivent, indolents compagnons de voyage,

Le navire glissant sur les gouffres amers.


A peine les ont-ils déposés sur les planches,

Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,

Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches

Comme des avirons traîner à côté d'eux.


Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!

Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!

L'un agace son bec avec un brûle-gueule,

L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!


Le Poète est semblable au prince des nuées

Qui hante la tempête et se rit de l'archer;

Exilé sur le sol au milieu des huées,

Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.



Aristocratie

Laideur

Beauté et art

Honte

Haut

Bas

Mer

bateau

ce qui se rapporte à l'oiseau

ce qui se rapporte à l'oiseau positivement

expression négatives ou péjoratives



Les figures de style

L'ALBATROS, Baudelaire, Les fleurs du mal, livre II


Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage

Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,

Qui suivent, indolents compagnons de voyage,

Le navire glissant sur les gouffres amers.


A peine les ont-ils déposés sur les planches,

Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,

Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches

Comme des avirons traîner à côté d'eux.


Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!

Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!

L'un agace son bec avec un brûle-gueule,

L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!


Le Poète est semblable au prince des nuées

Qui hante la tempête et se rit de l'archer;

Exilé sur le sol au milieu des huées,

Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.




Personnifications

Comparaisons

Enumération

Périphrase

Hyperboles

Antithèse

Métaphore



Problématique

Problématique : Comment le poète dénonce-t-il son rejet par la société ?