Fiche de révision de texte – oral EAF

Titre du texte / oeuvre / date : Le mariage de Figaro (Acte V, scène III)

Auteur : Beaumarchais

  • introduction et conclusion : TB

  • développement : quelques sous-parties sont à reprendre soit dans la formulation de l'idée, soit dans la rédaction de la conclusion. Mais l'ensemble est TB.

  • Note : 16/20



Objet d'étude :

  • Le texte théâtral et sa représentation, du XVIIème siècle à nos jours

    NB : rappel bref sur l'auteur et son œuvre à faire


Période ET mouvement littéraire : au choix, supprimer ce qui ne correspond pas

  • XVIIIème siècle: Les Lumières

    NB : rappel d'histoire littéraire à faire


Genre :

  • Théâtre

NB : rappel de définition et contextualisation à faire


Registre : au choix, supprimer ce qui ne correspond pas

  • Comique

  • Polémique

NB : rappel de définition et justification argumentée à faire


Mots-clés






Problématique : En quoi ce monologue rempli de désespoir se fait-il une critique de la société?


Grands axes du plan :

  1. Un monologue tout en contraste

  2. Un récit de vie contrarié

  3. Une argumentation implicite



Définitions


Notions




Plan détaillé : (idée / exemple / conclusion) + introduction et conclusion rédigées


    I) Un monologue tout en contraste


    1. Expression de la souffrance


Idée : Dans ce long monologue, Figaro expose avec désespoir, exaltation et presque délectation ses souffrances. Le valet croit être la victime de la tromperie de sa fiancée Suzon; il est alors en proie à une désillusion amoureuse.


Exemple :

“Créature faible et décevante” ligne 1 = périphrase qui intègre une critique générale de la femme mais surtout une mise en avant de l'inégalité entre les hommes et les femmes ce ne sont pas des animaux ce sont aussi des êtres humains qui sont capables de décevoir leurs semblables.

La répétition du pronom de la première personne “Je” s'impose dans le discours cela montre une implication personnelle de Figaro qui rend compte des souffrances individuelles et sociales avec une subjectivité qui devient de plus en plus grande

“Je m'en dégoute” ligne 16 : le verbe pronominal se dégouter met en avant la souffrance intérieur de Figaro et son rejet de lui même dans son récit rétrospectif retraçant son parcours de vagabond

Champ lexical de la désillusion avec “désespoir”, “malheur” “l'illusion s'est détruite” (l.105-106) ; “désabusé” (l. 106) est répété deux, fois comme un cri ; “tourments” (l. 107) : indique l'état d'âme de Figaro. Il pense que suzanne le trompe ce qui le fait souffrir psychologiquement.

“Est-il rien de plus bizarre que ma destinée ?” ligne 15 “Comment cela m'est -il arrivé ? Pourquoi ces choses et non pas d'autres ? Qui les a fixées sur ma tête ?” ligne 16/17 deuxième page. Ces questions oratoires montrent les tourments de Figaro.


Conclusion : Grâce à l'exaltation de ses sentiments, Figaro se dévoile au spectateur. Il nous expose ses souffrances dues aux femmes mais également par la société. Nous savons qu'il n'a pas de raison de souffrir, car nous savons, nous spectateurs qu'il se trompe, mais son désarroi donne une image nouvelle du personnage : ce n'est plus son esprit brillant qui a réponse à tout, mais un homme blessé, faillible et sensible


    1. Questionnement existentiel


Idée : Suite à cette désillusion amoureuse, Figaro se sent désorienté et remet en cause la légitimité de son existence, Il s'interroge sur son statut de valet.


Exemples :

Un doute métaphysique est exprimé au travers de questions rhétorique : “Est-il rien de plus bizarre que ma destinée ?” ligne 15 “Comment cela m'est -il arrivé ? Pourquoi ces choses et non pas d'autres ? Qui les a fixées sur ma tête ?” ligne 16/17 deuxième page. Ces questions oratoires montrent que le valet s'interroge. Il se questionne sur l'intérêt de sa vie.

Figaro ne réfléchit pas que sur sa propre vie, il a une réflexion très élargie sur les hommes. On passe du " je " au " on " au cours du monologue.


Conclusion : Au terme du retour sur son passé, Figaro est conduit à une interrogation bien plus large, dégagée de l'anecdote, sur le sens de la vie humaine.



    1. Une réflexion sociale

Idée : dans le monologue de Figaro, une partie est consacrée à sa vie et est suivie par une réflexion philosophique dans laquelle il tire des conclusions générales sur l'existence . Son plaidoyer présente un contraste entre une situation particulière et une situation générale dans laquelle le spectateur s'identifie. Il veut ainsi imposer un idéal semblable à celui des lumières afin de conduire le peuple de l'époque à la révolution française.


Exemples :

anaphore “que” ( l. 35-36 ) et “ni” ( l. 4-46 ) : interpellation du spectateur en insistant afin de la faire réagir et donc le théâtre a une action argumentative amenant à la réflexion par le biais de l'identification pour que les sentiments exprimées puissent trouver écho et à ce titre là les propos tenus soit écoutés avec attention.

Répétition insiste sur le mot « femme », sur l'objet du litige et donc insiste sur la déception amoureuse qui est forcément de la responsabilité de la femme du point de vue de Figaro qui fait ici une exagération ce qui donne de l'importance à son problème ici ça met en avant sa conception du rôle de sa future épouse et de la confiance qu'il lui accorde.

Phrases exclamatives : expriment la colère, les sentiments de Figaro envers suzanne exprime la colère sans la retourner contre Suzanne, colère véhiculé par les mots et non par les actes

“las d'attrister des bêtes malades” ligne 19 métaphore qui fait un parallèle entre les humains et les bêtes malades sous entendant que sa désillusion de l'amour est une maladie or ce n'en est pas une. Il compare l'amour et la tristesse à une maladie ainsi que les homme à des bêtes. Il est tellement déçu qu'il a une expression totalement dévalorisante des relations amoureuses et même des relation entre les personnes il ne croit plus du tout dans les dans la confiance qu'il accorde aux gens et en particulier celle qu'il a en Suzon et dans l'amour.

Énumération : “noblesse, fortune; un rang, des places, tout cela rend si fier” ligne 8 : critique morale de la noblesse et du pouvoir sociale et met en avant une société inégale.


Conclusion :Cette pause dans l’intrigue permet à Beaumarchais de pointer du doigt et de dénoncer un bon nombre d’injustices sociales de son temps, il choisit pour se faire de prêter à son personnage un ton indigné pour mieux brosser un tableau de la misère du peuple et mettre en cause une société qui les tolère et les encourage.



  1. Un récit de vie contrarié


  1. Des émotions multiples et confuses

Idée : A travers ce monologue, Figaro se livre sur ses sentiments d'amoureux trahi et partage sa désillusion amoureuse mais aussi sociale et politique. Le valet nous fait également un récit de son passé désordonné.

Exemples :

_ Phrases exclamatives :l.1 « créature faible et décevante ! », l.7 « Parce que... un grand génie ! », l.8 « tout cela rend si fier ! », l.10 « Du reste,... morbleu ! » : montre la colère, le désespoir et la tristesse de Figaro.

_ Expressions familières : l.10 « morbleu ! », l.26 « chiens de chrétiens ! », l. 48 « Pou-ou ! » : montre le sentiment de colère de Figaro vis à vis de tout le monde, que se soit le Comte ou la société.

_ Énumération : l.8 « Noblesse, fortune, un rang, des places » : exprime la colère de Figaro contre l'injustice sociale prouvée aussi par la question rhétorique : l.8-9 « Qu'avez-vous fait pour tant de biens ? ».

_ CL. De la littérature : « comédie », « théâtre », « auteur », « petits écrits » etc...: Figaro est outré par la condition de l'écrivain. Cette omniprésence du lexique souligne le fait qu’il s’agit pour l’auteur de dresser dans ce monologue un portait de la condition d’auteur et de ses difficultés à être reconnu par la société.

Conclusion : Le lecteur accède aux sentiments complexes de Figaro grâce à son monologue. La fin de celui-ci prend une dimension pathétique qui va susciter la compassion du lecteur. Ce dernier s'identifie alors socialement au valet.


2) Un récit rétrospectif

Idée : Figaro qui se trouve être en plein désespoir, revient sur son passé ponctué de nombreuses désillusions dans le domaine du travail et nous décrit les inégalités et les injustices sociales auxquelles il a été confronté.

Exemples :

_ Questions oratoires : l.2 « le tien est-il donc de tromper ? », l.14-15 « Est-il rien de plus bizarre que ma destinée ? » : Figaro s'interroge sur sa vie, il feint son incompréhension face à ce monde injuste.

_ Énumération : l.15-16 « Fils de je ne sais pas qui, volé par des bandits, élévé dans leurs mœurs » : retrace le parcours chaotique du malheureux valet, montre les différents domaines sociaux qu'il a connu.

_ Énumération : l. 24 à 26, 2nde feuille « ambitieux par vanité, laborieux par nécessité,... par folles bouffées » : Les noms ou les adjectifs définissent l'état et le complément en donne la cause. Figaro raconte sa vie et la commente. Il fait une analyse psychologique de ses motivations et utilise un langage de l'introspection.

Conclusion : A travers ce résumé de la vie antérieure de Figaro, on comprends alors que ses compétences n'ont jamais été reconnu. Dans cette société les relations sociales sont les seules choses à être prises en compte.


3) L'art des sous-entendus

Idée : Dans ce monologue, Figaro utilise les sous-entendus pour faire une critique implicite de la société et notamment de la noblesse, des privilèges et de la censure. De plus, l'auteur s'aide de l'ironie afin de dévaloriser mais aussi pour dénoncer les libertés, qui sont presque inexistantes, et plus particulièrement la censure très présente à cette époque.

Exemples :

_ Énumération : l.42 à 46 « pourvu que je ne parle en mes écrits... de deux ou trois censeurs » : Figaro énumère tout ce dont il ne doit pas parler dans ses écrits ce qui produit un effet d'oppression, d'étouffement exercé par l'autorité. Beaumarchais fait ici une critique de la censure.

_ Ironie : l.7 insistance sur « grand » : Figaro dit le contraire de ce qu'il pense réellement. Il dénonce la hiérarchie sociale de l'époque et critique le mérite du Comte.

_ Parallélisme : l.7 Il critique les nobles qui, selon lui, abusent de leurs pouvoirs. Le point d'exclamation démontre sa colère. Ce parallélisme accentue l'opposition entre seigneur et génie. Il est utilisé pour critiquer l'intelligence des nobles qui ne sont que des privilégiés ne faisant aucun effort.

_ CL pays exotique : « Perse », « Sublime porte », « Inde » etc... : utiliser afin d'éviter la censure tout en pouvant critiquer la censure et l'excès d'autorité en France.

_ Métaphore : l.1 « créature faible et décevante ! » : vision péjorative de la femme de la part Figaro qui vient d'être déçu par Suzanne.

Conclusion : Beaumarchais établit une critique implicite sur l'ensemble de la société à partir d'une critique de la femme aboutissant à une critique générale du pouvoir. Grâce à des sous-entendus et par l'intermédiaire de Figaro, Beaumarchais parvient à dénoncer les injustices sociales.


    1. Une argumentation implicite

  1. Un éloge de la liberté d'expression

Idée: Dans ce monologue, Figaro réclame une plus grande diversité de droits par différents procédés théâtraux. La censure est au cœur de cette dénonciation.

Exemples:

_ Répétition: « liberté » l.33, l.42 et l.46: insistance, incite le lecteur ou spectateur à réfléchir sur les libertés de l'époque.

_ Énumération des interdictions l.43: permet de dénoncer l'oppression du pouvoir et renforce la revendication politique d'égalités et de libertés.

_ CL de l'exotisme: « Mahomet », « Sublime porte »... : contexte utiliser pour éviter la censure en délocalisant la situation tout en pouvant critiquer implicitement le pouvoir

_ CL de l'opinion: Figaro porte un jugement négatif sur les journalistes et les écrits. Cela dénonce la censure présente dans les journaux.

Conclusion: Figaro dénonce implicitement les injustices et les différences entre les classes sociales. Avec ce monologue, Beaumarchais fait un éloge de la liberté d'expression.


  1. Une dénonciation de l'injustice

Idée: Cette pause dans l'intrigue permet à Beaumarchais de pointer du doigt et de dénoncer un grand nombre d'injustices sociales de son temps. Il choisit pour cela de prêter à son locuteur un ton indigné. Grâce à plusieurs sous-entendus, Figaro dénonce les différences des classes sociales et dénonce parallèlement l'abus de pouvoir des nobles.

Exemples :

_ Exclamations : montre à la fois la colère et l'indignation de Figaro par rapport au inégalités de la société.

_ Dévalorisation humoristique de la naissance : « vous qui vous êtes donnés la peine de naître », qui entraîne passivité, hiérarchie sociale préétablie et des positions fixées à l’avance.
_ Antithèse : Le Comte est qualifié d’homme « assez ordinaire » alors que la considération générale fait que « parce que vous êtes un gd seigneur, vous vous croyez un gd génie » 
Figaro généralise sa situation. Le comte est associé directement « aux puissants ».
injustice dès la naissance.

_ L.11-12 : « qu'on n'en a mis depuis cent ans pour gouverner toutes les Espagnes » : phrase qui s'oppose avec celle de la ligne 9 « Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus. ». Figaro a dépensé plus d'énergie que le Comte qui est né avec cette situation de privilégier.

_ Énumération l.43-45 : Le valet fait une description valorisante mais ironique de la censure ce qui lui permet de la critiquer tout en l'évitant.

Conclusion : Par le biais de la critique d'un cas particulier, le Comte, Figaro dénonce les injustices et les inégalités sociales de l'époque. C'est à partir de ses problèmes personnels que le valet fait un véritable cahier de doléances politiques.





Introduction rédigée : En plein siècle des Lumières et à la veille de la révolution, Beaumarchais décide de remettre en scène les personnages du Barbier de Séville et publie en 1778 Le Mariage de Figaro, comédie théâtrale en cinq actes, dont la première représentation n'aura lieu qu'en 1784, après plusieurs années de censure. Cette pièce s’inscrit dans le mouvement culturel et littéraire des Lumières en proposant une alternative entre la tragédie et la comédie, en situant l’intrigue dans son siècle et en s’attaquant à la société de son temps. Ce long monologue, qui se situe à la fin de la pièce, marque une pause dans la progression de l’intrigue mais permet à l’auteur de dénoncer les injustices sociales et de faire état des difficultés que rencontre le peuple pour vivre décemment. Ce monologue est également l’occasion d’une vive critique de la Censure qui reste très présente au XVIIIe siècle comme le confirmera l’interdiction de représentation dont la pièce fut victime. Beaumarchais y évoque également les conditions de vie précaires de l’écrivain, reflet de son combat dans la vie pour les droits d’auteurs et la reconnaissance de leur statut social.

Nous tenterons de voir comment ce monologue rempli de désespoir fait-il une critique de la société.

Tout d'abord, nous étudierons les différents contrastes présents dans ce monologue, puis nous poursuivrons en analysant ce récit de vie contrarié. Et finalement nous terminerons par l'argumentation implicite.





Conclusion rédigée : Le monologue le plus long du répertoire français a permis à Beaumarchais, à travers l'expression de la souffrance et de la désillusion de Figaro de prononcer une critique implicite de la société. En effet, l'évocation de ses différents échecs professionnels du protagoniste sert à amplifier l'étendue des inégalités sociales. Ce récit n'a guère d'importance sur le plan dramatique, l'action est arrêtée, mais il est décisif sur le plan psychologique. Il nous montre l'âme de Figaro dont nous partageons la souffrance, l'énergie et les doutes. Ce monologue est aussi riche sur le plan satirique: c'est l'occasion pour Figaro de s'exprimer librement contre les injustices sociales et politiques. L'auteur dresse également un portrait du fragile statut d'écrivain et critique l'absence de réelles libertés cachées derrière d'apparentes permissions. Pour cette dénonciation, Beaumarchais a recours à une ironie mordante qui préfère le rire cynique au registre tragique qu'il laisse à ses prédécesseurs classiques. Avec une grande portée politique, il confirme les idées des Lumières et annonce la Révolution de 1789.

On pourra alors se demander comment les oeuvres littéraires de cette époque sont-elles utilisées pour remettre en cause cette société inégale?




Pistes pour l'entretien :












Adel Merbah, Pauline Oberlé, Tom Perrin – Classe 1Sb - Synthèse réalisée le 11/03/14 7/7




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