16/20 : c'est du bon travail dans l'ensemble.

  • Objet d'étude : au choix, supprimer ce qui ne correspond pas

  • Le texte théâtral et sa représentation, du XVIIème siècle à nos jours.

    Beaumarchais est l’une des figures emblématiques du siècle des Lumières, il est considéré comme un précurseur de la Révolution française et de la liberté d'opinion « Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur »

    La Folle Journée, ou le Mariage de Figaro est une comédie en cinq actes écrite en 1778, dont la première représentation eut lieu en 1784 , après plusieurs années de censure. Chef-d’œuvre du théâtre français et international, la pièce est considérée, par sa dénonciation des privilèges archaïques de la noblesse, comme l’un des signes de la Révolution française.

    Beaumarchais y remet en scène les principaux personnages de sa pièce Le Barbier de Séville ou la Précaution inutile (1775). Et une troisième pièce viendra clore la trilogie en 1792 : L'Autre Tartuffe ou la Mère coupable.

  • Période ET mouvement littéraire : au choix, supprimer ce qui ne correspond pas

  • XVIIème siècle. Cette pièce s'inscrit dans le mouvement culturel et littéraire des Lumières en ce qu'elle s'oppose au modèle classique du XVIIe siècle tout en situant l'intrigue dans son siècle mais en s'attaquant à la société de son temps. Cette oeuvre propose une alternative entre la tragédie et la comédie.

  • Genre : au choix, supprimer ce qui ne correspond pas

  • Théâtre. Il expose une action dramatique sous forme de dialogue entre les personnages. Le théâtre est écrit pour être présenté plutôt que pour être lu. Il suppose des acteurs, des costumes, des décors, un public. Le public au théâtre peut impliquer une situation d'énonciation.


  • Registre : au choix, supprimer ce qui ne correspond pas

  • De la farce à la comédie des moeurs, de la tendresse de l'humour à la violence de la satire, les comédies suscitent toutes les sortes de rire. Très fréquent au théâtre, le registre comique de retrouve dans tous les genres littéraires.

        Le registre comique peut avoir plusieurs fonctions :

    -il vise à faire rire et à divertir,

    -il peut dédramatiser une situation angoissante,

    -il peut également avoir une fonction critique efficace, en mettant en évidence les défauts des hommes, de la société, d'un comportement pour les corriger.

  • Il existe différentes modalités du comique :

    - le comique de mots (par la parole)

    - le comique de gestes (par l'interprétation)

    - le comique de situations (situation d'un personnage dans l'histoire)

    - le comique de caractère

    - le comique de moeurs (usages d'une classe d'hommes ou d'une époque)


  • Le mariage de Figaro est une comédie dominée par « l'ancienne et franche gaieté » : celle des caractères de Suzanne et de Figaro, celle des situations et celle du verbe. Beaumarchais use de tous les ressorts du comique, en fidèle héritier de la farce, de la comédie moliéresque.


Mots-clés






Problématique : Comment les personnages s'organisent-ils contre le Comte pour renverser la situation ?


Grands axes du plan :

  • I. Une scène chargée de sous entendus

  • II. Une complicité contre le Comte

  • III. Une parole qui se libère



Définitions


Notions





Introduction :

En pleine monarchie absolue, où le peuple est loin de la liberté, les idées du dramaturge Beaumarchais s'opposent à celles de Louis XVI. A la veille de la Révolution et profitant du mouvement des Lumières afin de dénoncer les injustices de son époque, il décide de publier en 1778, Le Mariage de Figaro qui est une comédie théâtral composé de cinq actes. Cette pièce s’inscrit dans le mouvement culturel et littéraire des Lumières en ce qu’elle s’oppose au modèle classique du XVIIe siècle en proposant une alternative entre la tragédie et la comédie, en situant l’intrigue dans son siècle et en s’attaquant à la société de son temps. L'acte II, scène 20 débute avec l'entré de Figaro qui arrive en ignorant que le Comte sait tout, il tergiverse et tente de maintenir un équilibre entre son intérêt personnel et les exigences de sa fonction servile. Le comte considère son valet comme un menteur et cherche à lui faire avouer ses manigances afin de mettre en avant l'infidélité présumé de son épouse. C'est avec le plus grand soin que Beaumarchais joue sur le double langage et les sous-entendus pour exceller dans l'art du comique de mots et ainsi permettre au langage d'aplanir les différences sociales lorsque les sujets de l'intimité son mis en avant. La virtuosité de Figaro à dire ce que l'on veut qu'il dise n'a alors d'égal que la complicité des femmes, puis des serviteurs pour faire du mensonge une vérité qui arrange tout le monde.

Nous pourrons alors nous demander Comment les personnages s'organisent-ils contre le Comte pour renverser la situation ?

Tout d'abord nous étudierons les aspects implicites de cette scène. Puis nous analyserons la complicité entre les personnages face au Comte. Et pour finir nous nous interrogerons à propos des personnages qui nous dévoilent un caractère révolutionnaire.



      1. Une scène pleine de sous-entendus.
        1) Apports des didascalies.

Idée : Les didascalies permettent au lecteur de s'imaginer la scène. Elles renseignent les acteurs sur l'état, le ton ou encore les gestes qu'ils doivent adopter face aux personnages qu'ils doivent jouer. Ici les didascalies permettent à Figaro de jouer un double jeu et au Comte,nerveux, de faire part de ses craintes au public. Tous les personnages présents dans cet scène tentent de ne laisser paraître aucun sentiment. Ainsi, le comique de situation mis en scène ici, est caractérisé par les didascalies.

Exemple : Les didascalies : -« En riant » l.32 : La comtesse fait semblant de rire pour cacher la vérité, elle est nerveuse.

-«  aà part » l. 41 --> Indique le le Comte est seul contre tous et fait une confession au public.
-Répétition de « bas » 4 fois à la suite l.33 a 37 → Il y a une discussion entre figaro et Suzanne que les autres n'entendent pas . Ce qui montre le caractère secret de la situation, pour cacher le complot instauré contre le Comte.
Conclusion : Les didascalies dévoilent bien le stratagème exercé par Suzanne et la Comtesse contre le Comte mais aussi l'humeur du Comte qui est en colère. Chaque personnage s'adresse à quelqu'un en particulier,le comte est nerveux et s'adresse au public, tandis que figaro lui ment et joue sur un double jeu , il est totalement perdu alors qu'il montre le contraire au comte. Tous les personnages présents dans cet scène tentent de ne laisser paraître aucun sentiment. Ainsi, le comique de situation mis en scène ici, est caractérisé par les didascalies.



      1. Un jeu de questions-réponse

Idée : Le comte pose des questions, cela est une manière légère de porter des accusations tout en émettant un doute. On peut donc percevoir une certaine ruse venant du Comte, il cherche à pécher le vrai du faux en posant des questions dont il sait déjà les réponses (ou dont il croit connaître les réponses).


Exemple :
- la présence importante de points de suspension (l. 6, l. 25 etc) laisse installer le doute
- La conjonction de coordination « donc » l. 27 → souligne la conclusion du comte a son égard.
- les questions de figaro « qui ?» « quel homme ?» ( l.10 et l. 12) prouve l'innocence de Figaro et sa stupéfaction Figaro. Cela accentue notamment son côté naïf. - stichomythie l.36 à l.40 → cela apporte un certain rythme à la pièce ainsi que les effets du comique de situation qui sont intensifiés.
Conclusion : Les questions-réponses du comte et de Figaro apporte un rythme plus rapide au texte. Elles soulignent le doute des deux personnages qui laissent placent à des sous entendus non véritablement affirmés.

3) Une feinte colère  des 2 femmes
Idée : Suzanne et la Comtesse font semblant d'être en colère pour duper le Comte. En effet les deux femmes sont obligés de masquer une situation gênante en remettant la faute sur le Comte.
Exemples : - phrases exclamatives employé par la Comtesse et Suzanne (l. 16, l.42, l.32) → permettent de détourner la conversation. Les réponses sont rapides et sèches ce qui démontre la fausse indignation. -didascalie « en riant » (l.32) → La Comtesse se moque du Comte mais elle a du mal à garder son sérieux, elle est gênée.

  • emploi massif de questions oratoires, d'interrogations, les phrases amples...

  • les répétitions

Conclusion : La tonalité oratoire (marqué par l'emploi massif de questions oratoires, d'interrogations, les phrases amples...) et la tonalité comique (marqué par les répétitions) utilisées dans les répliques indiquent la fausse colère de la Comtesse qui tente de cacher sa faute en accusant le Comte.



II) Une complicité contre le comte

 

1)Une série de fausses accusations.

Idée : Le comte accuse aléatoirement tous les personnages de la pièce, et par le biais de fausses déclarations, il tente de semer le doute et la peur, cherchant à leur faire avouer les infidélités de sa femme. Figaro feint de ne pas comprendre et confirme les propos de Rosine et Suzanne.

Exemples :

_ Les phrases interrogatives/exclamatives : montre que le comte parle avec sècheresse → dès le début de la scène une tension est présente, il questionne les autres personnages en espérant que cette stratégie lui apportera des aveux.

Métonymie : «ta physionomie qui t'accuse prouverais déjà que tu mens ! » : Le comte Almaviva tente de se jouer de Figaro en lui prouvant que son corps le trahi. Pour le comte Figaro n’a pas besoin d’avouer qu’il ment car son physique le fait déjà.

CL accusation: l’utilisation des verbes tels que « accuser », « prouver », « mentir », montre que le comte est sûr de lui et qu’il aura le dernier mot → assurance et froideur. Le comte utilise de fausses informations afin de semer le doute chez les autres personnages, et par la suite découvrir la vérité. 

Conclusion : Le comte use de son autorité et de sa position pour mettre la pression et attendre qu’un des personnages craques. Cependant les personnages s'allient contre lu afin de ne pas révéler la vérité.



2) La connivence et les jeux de mots.

Idée :  Figaro aidé par les femmes s’en tire assez bien, il manie l’art de transition. En usant de son emphase et en flattant le comte, il s’écarte du mensonge. Le langage est un moyen qui permet aux trois complices d'utiliser des sous-entendus et de mettre en place leur piège sans que le comte soit mis au courant des manigances. En effet, le langage est un code entre les personnages qui s'allient. La compréhension de ce groupe passe par les jeux de mots afin d'éviter de prononcer la vérité qui mettrait le comte hors de lui.

 Exemples :

Répétition : Pour ne pas se mettre dans une position de faiblesse et gagner du temps, Figaro utilise la répétition des derniers termes prononcés : " la veiller ", " le badinage … est consommé ". Aussi, il répond aux questions posées par d’autres questions : " Quel homme absent ? ", " Et quoi dit ? " → il fait semblant rien savoir ce qui provoque l’exaspération du comte.

Jeu de mot : L 7/8 « surveiller – veiller » : Le comte veut 'on surveille la comtesse (surveiller → prisonnier) mais Figaro décale la signification du mot. Il utilise le terme « veiller » (veiller → malade) afin de ne laisser aucun doute sur son innocence, Figaro ne veut pas laisser comprendre au comte qu'il sait que la comtesse est coupable.

Périphrase « homme absent » «l'homme du billet» : le comte nomme Chérubin de différentes façons, il attend une réaction de Figaro pour l'accuser. Mais Figaro, afin de garder son innocence, fait semblant de ne pas comprendre.

Conclusion : Dans cette scène on observe la révolte du valet qui va, malgré sa relation complice avec le comte, entre dans les manigances des femmes. Les pouvoirs s’inversent, Figaro devient supérieur au comte, de plus le valet domine mais il séduit également le public. Cependant, Figaro n’est pas au courant de la vérité, et en viendra à perdre pied dans les mensonges des autres personnages.

3)Un bouc émissaire mal traité

Idée : Le complot contre le comte retombe sur Figaro, qui est lui aussi innocent dans cette situation. Il doit assumer seul les manigances misent en œuvre par les autres personnages féminins. Figaro ment pour aider sa femme et revenir plus vite au mariage.

 Exemples :

Didascalie «cherchant à deviner » : prouve que Figaro tente de comprendre ce qui se passe et insiste sur le fait qu'il n'est pas au courant → complicité avec le public.

Gradation ascendante l.28-29 « Puisque Madame le veux (…) je le veuille aussi » : insiste sur le fait que Figaro n'est pas au courant des mensonges mais vient à être obligé d'avouer quelque chose dont il n'est pas au courant pour couvrir la comtesse.

L.25 « ce n'est pas moi qui mens » : Figaro tente d'avouer au comte que ce n'est pas lui qui ment mais plutôt les femmes sans être très claire à ce sujet. Il est partagé entre être fidèle à son maitre et fidèle à sa femme.

Conclusion : Figaro se retrouve pris au piège de la situation et de ses mensonges. Il ne veut pas mentir au comte mais ne peut pas trahir les femmes de la pièce. La relation entre le comte et Figaro étant fondée sur la ruse, le comte pense qu'il est coupable et lui en veux de ne pas lui dire la vérité tandis que les femmes lui en voudraits également. Il est partagé entre la vérité et le mensonge.

 

III)  Une parole qui se libère

1) L'éloquence verbale

Idée : L'éloquence verbale assure à Figaro un moyen de se protéger. Cela permet à Suzanne et à la comtesse de bien se défendre face au comte et elle met en valeur l'impertinence de Figaro. L'éloquence de Figaro consiste à détourner la situation, et de ne pas se faire accuser. Figaro essaye de s’échapper de la situation, ce qui permet de lui enlever toute responsabilité.

Exemples :

Phrases longues l.28 : permettent à Figaro de comprendre la situation et de gagner du temps. Cela montre aussi le déni de Figaro qui cherche à éviter les problèmes tout en perturbant le comte.

Aposiopèse l.25 « Moi ! Je dis .. que je voudrais bien qu'on en put dire autant de mon mariage, et si vous l'ordonnez ... » : consiste à suspendre le sens d'une phrase en laissant au lecteur le soin de la compléter : expose le trouble de Figaro. Il cherche quelque chose à dire pour couvrir la situation.

CL de vérité en parallèle avec celui du mensonge : « toujours mentir » « en vérité »  est utilisé pour perturber le comte et l'empêcher de savoir la vérité.

Conclusion : La relation entre Figaro et le comte étant fondée sur la ruse et l'impertinence, elle traduit une complicité.

 

2)L'art du mensonge

Idée : Figaro ne cesse d’échafauder des plans pour duper le comte, mais il n’est pas le seul à manipuler la ruse. Les trois complices utilisent le mensonge, afin de se jouer du comte qui est désemparé face à ces nombreuses stratégies. Mais cet art se retourne très vite contre Figaro qui en vient à perdre pied.

Exemples :

Temps d'attente représenté par les points de suspensions réitérés au cours du texte  « Le badinage … » : improvisation de la part de Figaro afin de gagner du temps.

CL du mensonge « toujours mentir » « tu mens » : le comte accuse Figaro de lui mentir en dissimulant certaines informations.

_ Question de rhétorique « Qui dit cela ?» « Quel homme absent » : la fausse question peut permettre d'atténuer des propos blessants ou choquants, voire des accusations mais elle montre la fausse stupéfaction de Figaro devant les propos du comte.

_ Didascalie « bas » : montre que le dialogue ne se fait qu’entre certain personnages, le compte est mis de coté : complicité entre les personnages qui s’allient.

Conclusion : Mais cet art se retourne très vite contre Figaro qui en vient à perdre pied.Beaumarchais a mis en place un véritable jeu entre les personnages en installant du suspense et du mensonge afin de tenir en haleine le comte et aussi le spectateur.

3) L'impertinence de Figaro

Idée : Malgré sa condition de valet, Figaro répond au Comte. Il tient tête à son maitre sans être insolent. La relation qu'il a avec son maitre était jusque-là basée sur la ruse et l'impertinence, le comte se sent trahi par Figaro qui soutient les manigances des femmes.

Exemples :

_ « A votre place » l.29 : fait appelle à la confiance du comte et essaye de lui faire changer d’avis.

_ « Et c’est mon devoir. Mais puisqu’il n’en est rien, Monseigneur, tous vos jeunes vassaux des deux sexes sont en bas avec les violons et les cornemuses, attendant, pour m’accompagner, l’instant où vous permettrez que je mène ma fiancée.. » L.4 : Figaro tente d’émouvoir le comte et de le persuader que tout cela n’est rien.

_ CL du mariage « s’unir » « cérémonie » : permet de détourner la conversation, plus vite Figaro épousera Suzanne, plus vite cet épisode sera oublié.

Conclusion : Malgré que Figaro ai pris la défense des femmes, il ne veut pas se mettre entre ses personnages. Lui veut seulement épouser Suzanne avant que le comte change d’avis.

 


Conclusion rédigée : Nous avons étudié une scène chargée de sous entendus, puis nous avons examinés la complicité contre le Comte, enfin nous avons montrés une parole qui se libère. Dans ce récit Beaumarchais met en scène des personnages qui tout au long vont jouer des rôles et être solidaires : Suzanne et la Comtesse mettent en place un complot contre le libertinage du Comte. A cause du jeu de mots exercés par les deux femmes, Figaro qui veut les aider, va être perdus et sans le savoir va aider le Comte qui joue aussi un rôle pour savoir la vérité. Beaumarchais en plus de la critique de la société et de la censure, il dénonce par cette œuvre le « droit du seigneur ». C'est pourquoi nous pouvons nous demander en quoi la littérature permet-elle de dénoncer le libertinage du XVIIIème siècle mais aussi du XXIème siècle et de critiquer la société ?






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