Éléments de versification

  • La versification française est héritée de la versification latine, mais, en français, le décompte (base de la versification) prend pour unité la syllabe.
  • Les vers sont délimités par le retour à la ligne, ils commencent en général par une majuscule. Mais le vers est avant tout un énoncé au rythme identifiable.
  • La versification est ainsi un ensemble de règles permettant de donner un rythme, un cadre au poème. Toutefois, les poètes ont toujours oscillé entre l'observation de ces règles et leur mise à distance : la poésie est un art vivant, qui ne peut se résumer à l'observation de recettes.

1.  Qu'est-ce que le mètre ?

  • C'est le nombre de syllabes prononcées qui amène à distinguer les vers pairs (octosyllabe = 8, décasyllabe = 10, alexandrin = 12) des vers impairs, beaucoup moins fréquents que les vers pairs. L'« Alexandrin » vient d'un poème du Xlle siècle, Le Roman d'Alexandre.
  • Pour compter correctement les syllabes, il faut tenir compte de la règle dite des e muets :
    • on compte le e lorsqu'il est placé devant une consonne ;
    • on ne le compte pas lorsqu'il est placé devant une voyelle, ou bien lorsqu'il est en fin de vers.
Exemple : « Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne » (Victor Hugo).Dans ce vers, les trois e sont muets : les deux premiers sont suivis d'une voyelle, le troisième est situé en fin de vers. ''
  • Pour respecter le mètre, on est parfois amené à dissocier deux sons qui, dans la prose, sont prononcés groupés, c'est la diérèse (mystéri—euse). La synérèse groupe deux sons (ouvrier). Ces deux phénomènes concernent l'association de deux voyelles, dont la première est un i, un u ou un ou.
Exemple : « Vous êtes mon lion superbe et généreux » (Victor Hugo). Dans cet alexandrin, on n'obtient les douze syllabes que si l'on prononce li/on en deux syllabes, avec une diérèse. Ce procédé permet d'obtenir le bon décompte, mais il permet surtout d'insister sur un mot en l'allongeant (allongement qui est ici amplifié par le fait que le mot lion est placé au milieu du vers).

2.  Qu'est-ce qu'une strophe ?

  • C'est un ensemble de vers séparé des autres ensembles par une ligne blanche. La strophe n'est pas un simple regroupement de vers, elle a une cohérence interne ; les vers d'une strophe riment ensemble, ont un rythme qui leur est propre, même si le schéma des rimes et le rythme reprennent ceux d'autres strophes du poème.
  • On distingue, entre autres ;
    • le quatrain (4 vers), le quintil (5 vers), le sizain (6 vers), le dizain (10 vers).
    • Le distique (2 vers) et le tercet (3 vers) constituent des groupes de vers et non pas des strophes car leur faible nombre de vers ne permet pas d'établir un véritable schéma de rimes.

3.  Qu'est-ce qu'une rime ?

La rime est la répétition d'un même son vocalique à la fin de deux vers différents.

http://www.ed4web.collegeem.qc.ca/prof/rthomas/textes/versification.htm#rime

  • Le genre de la rime est défini par une finale.
    • Rimes féminines : le mot se termine par un e muet (poésie/choisie).
    • Rimes masculines : les autres (Paris/mari ; doux/poux). La versification classique exigeait de faire alterner rimes féminines et rimes masculines. Les poètes modernes préfèrent faire alterner rimes vocaliques (joue/roue) et rimes consonantiques (bruyère/sévère).
  • La disposition des rimes est déterminée par leur succession.
    • Rimes plates : AABB ex : couteau/bourreau/joue/ roue
    • Rimes embrassées : ABBA ex : couteau/ joue/roue/bourreau
    • Rimes croisées : ABAB ex : couteau/joue/bourreau /roue
  • La richesse de la rime est définie par le plus ou moins grand nombre de sons (ou phonèmes) identiques associés par la rime.
    • Rime pauvre : un seul élément vocalique commun
    • Rime suffisante : un élément vocalique + une consonne en commun
    • Rime riche : trois éléments en commun (cs+voy+cs ou cs+cs+voy ou voy+cs+cs)

4.  Qu'est-ce que le rythme ?

  • A l'origine, la poésie était toujours accompagnée de musique. Elle en a gardé l'essentiel, le rythme. Un vers correspond à une certaine diction. La manière dont les mots et syllabes s'enchaînent, dans le cadre du vers, donne son rythme à la poésie.C'est le rapport régulier, perceptible par l'oreille, entre la répartition des accents dans un énoncé et le nombre de syllabes séparant ces accents ; ce nombre constitue une mesure.
  • En français, un mot porte un accent tonique sur la dernière syllabe ou sur l'avant-dernière si la dernière est un e muet. Par ailleurs, dans un groupe nominal ou verbal, le mot le plus important porte un accent de groupe.
  • Les vers longs, c'est-à-dire essentiellement les décasyllabes et les alexandrins, se partagent le plus souvent en deux hémistiches (= moitié de vers), autour d'une césure (= milieu du vers). La césure est alors une pause, un repos de la voix (qui peut correspondre à une reprise du souffle, mais n'est pas nécessairement à la fin d'un mot). ''Par exemple, le vers suivant : « Tout m'afflige et me nuit // et conspire à me nuire » est composé de deux hémistiches, de six syllabes chacun.
Ils peuvent comporter deux, trois ou quatre accents de groupe.
  • Le trimètre, caractéristique de la poésie  romantique, est un vers  qui comporte trois  accents et donc trois  mesures. On dit alors que rythme est ternaire.
  • Deux ou quatre  accents de groupe  déterminent le rythme  binaire.
Le tétramètre est  un alexandrin à quatre  accents. La césure (ou coupure), elle est placée après la 6e syllabe. La césure coupe donc l’alexandrin en deux hémistiches (ou demi-vers) égaux.
Le rythme peut être: 
  • Décroissant [6 + 4 + 2] ;
  • Symétrique [3 + 2 + 2 + 3] ;
  • Régulier [3 + 3) + (3 + 3) ;
  • Croissant [2 + 4 + 6]
  • Chaque accent est suivi d'une coupe (/). Dans le type ternaire, trois coupes principales séparent les mesures. Dans le type binaire, une coupe principale, la césure, sépare deux hémistiches (ou demi-vers).
  • Il faut noter qu'il existe des différences existantes entre les longueurs respectives du vers et de la phrase. Ces différences de longueur peuvent prendre trois formes :
    • L'enjambement : Un groupe grammatical est réparti entre la fin d'un vers et le début du vers suivant.
    • Le rejet : un groupe placé à la fin d'un vers se termine par un mot placé au début du vers suivant.
    • Le contre-rejet : un mot placé à la fin d'un vers "annonce" un groupe placé au début du vers suivant.

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Stéphane FONTAINE - -