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Cours / Figure Style

La Rhétorique

Sommaire (cacher)

  1. 1. Présentation
  2. 2. Éléments historiques
  3. 3. La Poétique
  4. 4. La question du style
  5. 5. Tableau récapitulatif
    1. 5.1 les figures d'analogie et de substitutions
    2. 5.2 les figures d'opposition
    3. 5.3 les figures d'insistance
    4. 5.4 les figures d'amplification et d'atténuation
  6. 6. Testez vous !

1.  Présentation

2.  Éléments historiques

Au I Ve? siècle avant J.-C., Aristote résuma la Rhétorique grecque en un traité, sa Rhétorique ; à Rome, la Rhétorique était le domaine d'avocats et d'hommes politiques, qui l'envisageaient en théoriciens et en praticiens (Cicéron), ou en professeurs spécialisés (Quintilien).
Pour les rhéteurs grecs des Ve et I Ve? siècles avant J.-C., la Rhétorique est l'art de l'éloquence, l'art de la parole efficace. Elle s'applique aux domaines judiciaire et politique. Les romains étendront son usage à d'autres domaines. C'est ainsi que furent définis 3 domaines d'éloquence : l'éloquence politique (pour convaincre l'auditoire d’une conduite à tenir : c’est le discours délibératif), l'éloquence judiciaire (pour convaincre les juges : c’est le discours judiciaire) et l'éloquence d'apparat (pour faire l’éloge ou le blâme et provoquer l'admiration des auditeurs : c’est le discours épidictique).
De plus, au lieu d'être considérée comme art général du discours, elle tend à abandonner le terrain du débat d'idées pour se cantonner au rôle de discipline auxiliaire des études littéraires. Elle cessera d'être un art de la parole pour devenir un art de l'écriture et deviendra aussi un catalogue d'arguments, de plans et de figures qui au lieu d'être au service de l'expression, la figèrent dans des formes fixes et pesantes.

3.  La Poétique

4.  La question du style

La notion de style est utilisée dans diverses acceptions. Elle pose la question, de la forme d’expression et de l’appréciation de sa qualité et de ses significations :

Il rejoint en cela la Poétique et la Rhétorique : tous trois concernent la façon dont se modèle la configuration d’un texte et fixent ses normes (ou codes esthétiques). Mais ce champ de réflexion puisqu’il engage les perceptions des lecteurs, l’évolution des goûts et des codes symboliques au fil des époques, dans les divers contextes historiques et sociaux.

5.  Tableau récapitulatif

Nous sommes comme Monsieur Jourdain qui, chaque jour de notre vie, faisions de la Rhétorique sans le savoir. Quel bonheur ce sera, désormais, de pouvoir plaquer un mot savant sur les plus banales de nos tournures de phrase !

5.1  les figures d'analogie et de substitutions

Nom Définition Exemple Effets produits
COMPARAISON Rapprochement de 2 termes dont l'un (le comparant) évoque l'autre (le comparé) par un mot de comparaison (comme, tel que, semblable à, etc.). « La colchique couleur cerne et lilas Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-là. » (Apollinaire)
Appelle à l'imagination, permet l'explication et suscite un sens nouveau.
MÉTAPHORE Etablissement d'une relation par analogie entre 2 éléments sans expression comparative.

On dit qu'une métaphore est filée quand elle se poursuit sur le même thème.

« Ce toit tranquille où marchent des colombes. » (Valéry) pour le ciel

« Je me suis baigné dans le poème da la mer. » (Rimbaud)

Ne désigne pas, mais suggère

favorise l'évocation de l'abstrait.

PERSONNIFICATION Consiste à prêter des sentiments et des comportements humains à un objet, un être inanimé ou un animal.

PROSOPOPÉE : cas particulier d'une personnification qui parle ou pense

« Des albatros, indolents compagnons de voyage. » (Baudelaire)

« Avec quelle rigueur, Destin, tu me poursuis » (Racine)

Fait d'un être animé ou d'une entité un personnage réel en lui prêtant des traits, des sentiments, ou la parole.
ALLÉGORIE Rend concrète une idée abstraite en lui donnant la forme d'un être vivant qui la représente par son apparence, ses comportements, ses gestes. « Ô Mort, vieux capitaine, / il est temps ! Levons l'ancre. » (Baudelaire)
Permet de rendre moins abstraite une idée ou une notion.
MÉTONYMIE Désignation de quelque chose par un mot ou une expression qui désigne autre chose par une relation logique (la cause pour l'effet, le contenant pour le contenu, le physique pour le moral, etc.) immédiatement interprétable.

Cas particulier : la SYNECDOQUE qui désigne une partie ou sa matière pour le tout.

Un Picasso (cause : le producteur, pour l'effet : le tableau).

Boire un verre (contenant pour le contenu).
Tout Paris était dans la rue (le lieu pour les habitants)
Nous aperçûmes trente voiles (partie pour le tout)
Faire péri par le fer (matière pour l'objet)

Permet des associations d'idées et des relations implicites afin de mettre en valeur une idée avec plus de force.
PÉRIPHRASE Consiste à remplacer un mot par une tournure (ou un groupe de mots) qui l'explique ou l'évoque en en précisant le sens.
"C'était l'heure tranquille où les lions vont boire"(Hugo) au lieu du mot précis le soir.

La ville lumière (pour Paris)

Permet l'emphase, la richesse descriptive, la surenchère verbale en utilisant une expression plus imagée.

5.2  les figures d'opposition

Nom Définition Exemple Effets produits
ANTIPHRASE Consiste à dire le contraire de ce que l'on veut réellement signifier, en utilisant un antonyme à la place du mot juste. L'ironie est un cas particulier qui consiste à faire entendre un jugement négatif en énonçant quelque chose de positif.

Hitler, ce grand démocrate.

Intensifie le propos par le paradoxe, étonne, rend perplexe. Peut aussi signifier la moquerie ou le ridicule.
ANTITHÈSE Rapprochement dans le même énoncé de 2 sensations, 2 expressions ou 2 idées tout à fait contraires, disposés de manière symétrique à l'intérieur de la phrase ou du paragraphe. « J'aime être libre et veux être captif. » (Ronsard)

« Paris est tout petite, c'est là sa vraie grandeur. » (Prévert)

Crée la surprise, amplifie par le contraste de la valeur, de leur différence. Cherche à créer un paradoxe signifiant.
OXYMORE Juxtaposition de 2 mots syntaxiquement liés (souvent un substantif et un adjectif) dont les sens sont contradictoires. « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles. » (Corneille.)
Produit un effet de surprise et de mise en valeur et fait surgir une réalité inattendue.
PARADOXE Opinion contraire à l'opinion commune qui rapproche ou combine des expressions ordinairement opposés ou contradictoires « Le terrible fardeau que de n'avoir rien à faire. » (Boileau)
Permet de rendre plus frappante une affirmation et d'inviter ainsi à la réflexion.
CHIASME Parallélisme de 2 expressions dont les éléments lexicaux sont inversées dans la seconde « Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger. » (Molière)
Permet de relier deux réalités et de créer une vision synthétique pour renforcer l'union ou l'opposition.

5.3  les figures d'insistance

Nom Définition Exemple Effets produits
ANAPHORE Reprise d'un même mot (ou d'une formule) en début de phrases ou vers successifs. « Il n'y a pas d'amour qui ne soit à douleur . Il n'y a pas d'amour dont on ne soit meurtri. Il n'y a pas d'amour dont on ne soit flétri. » (Aragon)
Renforce, par le rythme créé, un effet incantatoire, mélodique ou persuasif.
PARALLÉLISME Reprise d'une construction syntaxique ou rythmique. « J'ai tendresse pour toi, j'ai passion pour elle. » (Corneille)
Accentue une similitude, une opposition.
GRADATION Cas particulier de l'énumération (ou accumulation) qui ordonne les termes d'un énoncé, une suite d'idées, de sentiments selon une progression allant crescendo (gradation ascendante) ou decrescendo (gradation descendant). « C'est un roc, c'est un pic, c'est un cap, c'est une péninsule. » (Rostand)

« Je me meurs, je suis mort, je suis enterré ! » (Molière)

Produit un effet de foisonnement ou de variations d'intensité.
PRÉTÉRITION Annonce qu'on ne parlera pas de certaines choses, tout en en parlant nettement, par l'énumération même de ce dont on ne va pas parler. Je n'insisterai pas sur…

Inutile de dire…

Attire l'attention du lecteur ou de l'auditeur en feignant de ne pas vouloir dire ce qu'en réalité on affirme clairement..
ASYNDÈTE Suppression des liens logiques et des conjonctions dans une phrase.

(voir parataxe)

« Vous n'êtes point gentilhomme, vous n'aurez pas ma fille. » (Molière)
Permet d'ajouter du rythme à une phrase, pour renforcer un contraste.

5.4  les figures d'amplification et d'atténuation

Nom
Définition Exemple Effets produits
HYPERBOLE Mise en relief d'une idée au moyen d'une expression exagérée. « Ô Dieu ! le vent rugit comme un soufflet de forge » (Hugo)
Crée une emphase, amplifie le propos, l'exagère en donnant une dimension souvent épique.
EUPHÉMISME Atténuation d'une expression d'une idée ou d'un sentiment. «  Il est temps que je me repose ; Je suis terrassé par le sort. » (Hugo)Se reposer signifie mourir
Permet de signifier une réalité difficile de manière plus douce.
LITOTE Procédé qui consiste à en dire moins pour signifier plus. « Va, je ne te hais point ! » (Corneille) signifie : sois assuré que je t'aime.
Donne plus de force à l'affirmation ainsi déguisée. Appuie les effets du non-dit.
ELLIPSE Omission de terme théoriquement nécessaires pour le sens mais jugés superflus dans l'énoncé. « Je t'aimais inconstant, qu'aurais-je fait fidèle? » (Racine)ellipse de « qu'aurais-je fait si tu avais été fidèle? »
Produit un effet de raccourci ; l''énoncé devient plus dense car il est chargé d'implicite et de tout de que le lecteur peut imaginer.
ZEUGME(A) Consiste à faire dépendre d'un même mot deux termes disparates qui entretiennent avec lui des rapports différents. C'est une forme d'ellipse. « Vêtu de probité candide et de lin blanc. » (Hugo)
Permet des rapprochements entre un élément concret et un autre abstrait pour un effet souvent humoristique ou ironique.

6.  Testez vous !

Dans les extraits suivants, soulignez les différentes figures de style et nommez-les.

  1. J’étais froid comme le marbre (comparaison)
  2. Avec ses vêtements ondoyants et nacrés, même quand elle marche, on croirait qu’elle danse (comparaison)
  3. Votre âme est un paysage choisi… (métaphore)
  4. L’automne souriait… (personnification)
  5. France, mère des arts, des armes et des lois/Tu m’as nourri longtemps de ta mamelle… (allégorie)
  6. Je voudrais un camembert et un chèvre (métonymie)
  7. Je vois un port rempli de voiles et de mâts… (synecdoque)
  8. Le Roi Soleil (périphrase)
  9. L’antichambre n’était à la vérité incrustée que de rubis et d’émeraude ; mais l’ordre dans lequel tout était arrangé réparait bien cette extrême simplicité. (Antiphrase)
  10. Le Moyen-Age, énorme et délicat. (antithèse)
  11. L’air n’avait que des caresses glaciales. (oxymore)
  12. Il l’admire à tous coups, le cite à tout propos/Ses moindres actions lui semblent des miracles… (hyperbole)
  13. L’ombre croît, le jour meurt, tout s’efface et tout fuit. (gradation)
  14. Les vieux ne meurent pas, ils s’endorment un jour et ne se réveillent pas. (euphémisme)
  15. Ce n’était pas un sot, non et croyez-m’en/Que le chien de Jean de Nivelle… (litote)
  16. Nous troublons la vie par le soin de la mort, et la mort par le soin de la vie. (chiasme)
  17. La mère de l’amour eut la mer pour berceau. (paronomase)
  18. Et l’ont voit de la flamme aux yeux des jeunes gens/Mais dans l’œil du vieillard on voit la lumière. (chiasme)
  19. Le siècle des lumières fut celui de la Révolution française. (périphrase)
  20. Les arbres sur ma route fuyaient. (personnification)
  21. Et mourir sans vengeance, ou vivre dans la honte ? (antithèse)
  22. Etait-ce au contraire, un bébé géant comme sa silhouette le suggérait ? (oxymore)
  23. Ton bras est invaincu mais non pas invincible. (antithèse)
  24. Vous clouez de vos mains mal sûres/Les hiboux au seuil des masures/Et Christ sur la porte des cieux. (Zeugma)
  25. Boue si méprisée, je t’aime. Je t’aime à raison du mépris où l’on te tient. (Chiasme)
  26. La neige incertaine/Luit comme du sable. (comparaison)
  27. Tes mains ces lys. (Métaphore)
  28. Et on va la boire la canette sans mousse ! (métonymie)
  29. Pour un cœur qui s’ennuie/ô le chant de la pluie. (synecdoque)
  30. Sois sage, ô ma douleur, et tiens toi tranquille. (personnification)
  31. Tes yeux sont la citerne où boivent mes ennuis. (métaphore)
  32. Qui connaît son sourire a connu le parfait. (hyperbole)
  33. Le poète est semblable au prince des nuées. (comparaison)
  34. Immoler Troie aux Grecs, au fils d’Hector la Grèce. (Chiasme)
  35. N’en attendez jamais qu’une paix sanguinaire. (oxymore)
  36. La haine est un ivrogne au fond d’une taverne,/Qui sent toujours la soif naître de la liqueur.(personnification)
  37. Mon cœur, tout joyeux, voltigeait comme un oiseau. (comparaison)
  38. Marche à jeun, marcher vaincu, marcher malade. (anaphore)
  39. Adieu, veau, vache, cochon, couvée… (accumulation)
  40. Je vis cette faucheuse. Elle était dans son champ/Elle allait à grands pas, moissonnant et fauchant/Noir squelette, laissant passer le crépuscule. (allégorie)
  41. Quand je suis tout de feu, d’où me vient cette glace ? (antithèse)
  42. Vêtu de probité candide et de lin blanc. (zeugma)
  43. La neige fait au Nord ce qu’au Sud fait le sable. (chiasme)
  44. Quand on m’aura jeté, vieux flacon désolé,/Décrépit, sale, abject, visqueux, fêlé. (Gradation)
  45. Un Van Gogh a été découvert dans le grenier d’une vieille dame de Die. (métonymie)
  46. […] de grandes vaches se déplaçaient avec lenteur dans un silencieux tintement de clochettes. (oxymore)
  47. Femme boniche, femme potiche. (paronomase)
  48. Il se balance dans un rocking-chair à bascule. (pléonasme)
  49. Les hommes d’esprit se hâtent lentement. (oxymore)
  50. Quand la mort met un comble aux maux que j’ai souffert/Le beau soulagement d’être mangé des vers ! (antiphrase)
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