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Mardi 2 Juin 2020 , il est 10:10.

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Titre Paul et Virginie
Auteur Bernardin de Saint-Pierre

Edition © éditeur, collection, année d'édition - [ Première publication en 1788 ]

Genre Roman
Registre Lyrique

Personnages principaux # Paul
# Virginie
# Mme de la Tour
# Marguerite

Appréciation personnelle
Critique - Analyses


Pas de note précisée.

Ce roman est une oeuvre éponyme. Elle était au départ, avant de devenir un roman à part entière, la quatrième partie de l'ouvrage "Etudes de la nature" de Bernardin de Saint-Pierre. A l'époque, elle eut beaucoup de succès. Ce roman se situe sur l'Ile Maurice, dans l'océan pacifique, lieu où l'auteur a vécu durant deux ans. Cet ouvrage est écrit en deux parties : une partie heureuse et une partie tragique.


Nous constatons qu'au début, les amants vivent une vie faite de simplicité et de bonheur. Ils sont en totale harmonie tout comme l'île, elle-même, le fait. Mais cela met un contraste évident. Celui de la vie paisible et celui de la vie dans la société occidentale. Puis, il y a la partie tragique et pathétique qui commence par la séparation de Paul et de Virginie. Cette partie va se terminer par le décès de l'héroïne de cette histoire. De plus, cette dernière partie donne une certaine fatalité au destin du couple. Virginie mourra, et Paul se retrouva abandonné de l'être qu'il aime.


Plusieurs thèmes sont abordés comme l'amour, la nature qui joue un rôle primordial dans la totalité de l'oeuvre, la mort et l'éloge d'une idéologie. Cet amour, pur et fusionnel, ne subit aucun problème ou désaccord entre les deux personnages principaux. Néanmoins, la séparation est quelque chose qui va énormément faire souffrir et attrister Virgine qui souffrira en silence. Cet amour vertueu va aboutir à un drame. De plus, il est impossible de part la pudeur de Virginie laquelle y tient comme à la prunelle de ses yeux.  La nature est omniprésente dans cette oeuvre. Ceci démontre bien le lyrisme de l'oeuvre. La nature est souvente et longuement décrite. Au début, l'auteur nous la montre comme une source de beauté, de bonheur et de bien-être. De plus, elle est même dite divine. Cependant à la fin du roman, elle est désignée comme une force destructrice et injuste. En effet, c'est en partie à cause d'un ouragan que Virginie meurt. Ici, la mort est synonyme d'injustice. Virginie mourra en voulant préserver sa pudeur afin d'être digne et "bien" selon l'éthique inculquée à cette époque. Cela dénonce la religion et le respect perpétuel de l'éthique. L'auteur critique le fait que toujours tout respecter n'est pas forcément important si sa vie en dépend.


Paul et Virginie sont deux personnages vivant une vie paisible et qui plus est dans le respect des traditions et de la morale. Paul est très vertu et Virginie est prête à tout pour sauvegarder sa pudeur, ce qui va d'ailleurs engendrer a mort.


Ce roman est une comparaison entre deux sociétés différentes qui
défendent chacune des idées.



Résumé

Dans une plaine intérieure
de l'Ile de France (la future île Maurice), deux françaises,
Mme de la Tour, la jeune veuve d'un aristocrate libertin,
et Marguerite, une paysanne bretonne séduite et abandonnée
ont fui la métropole et sont venus cacher leur déshonneur
dans cette colonie française.

Elles mettent au monde, vers 1726, Virginie et Paul.
Mme de la Tour, avec sa fille Virginie, et Marguerite,
avec son fils Paul, sont aidées par un couple d’esclaves
noirs, Marie et Domingue.

Les deux femmes unissent leur détresse et leur pauvreté
et exploitent la terre. Leurs deux enfants grandissent
comme frère et sœur. Les deux mères et leurs deux enfants
goûtent sur cette île un bonheur simple qui semble vouloir
effacer leurs malheurs passés. Cette petite communauté
connaît une existence paisible dans la splendeur des
paysages tropicaux. Paul et Virginie grandissent en
parfaite harmonie avec la nature. Ils sont vertueux
et candides, leur innocence les préserve du mal tant
en actes qu'en pensée.

Virginie est devenue adolescente, et elle découvre que
ses sentiments pour Paul changent de nature. Il n'avait
été jusqu'alors qu'un frère avec lequel elle partageait
ses joies et ses jeux. Elle devine que la tendresse
qu'elle éprouve pour lui se transforme en amour et elle
l'imagine comme compagnon et comme époux.

Un cyclone ravage l'exploitation, lorsque la pluie cesse
et que les vents tombent Paul et Virginie constatent
l'étendue de la dévastation. Après le cyclone, la tante
de la Mme de la Tour écrit à sa nièce lui enjoignant
de lui envoyer Virginie. Au fond d'elle-même Mme de
la Tour n'est pas mécontente de cette opportunité et
elle prend sa fille à part et tente de la raisonner.
Voyant la peine que cette séparation vaudrait à Virginie,
Mme de la Tour est prête à se résoudre, mais le gouverneur
de l'Ile vient forcer le destin et embarque Virginie
à contrecœur pour la France, sans qu’elle ait pu dire
au revoir à Paul. La séparation est douloureuse. Paul,
pour la première fois de son existence, explose de colère.
Il va se plaindre aux arbres, aux rochers et aux oiseaux.
Virginie est elle aussi
désespérée d'abandonner Paul.
Loin de se réjouir de cette fortune que sa tante désire
lui léguer, elle souffre de cette vie européenne à laquelle
elle ne parvient pas à s'adapter. Pendant plus d'un
an Paul et Virginie restent sans nouvelles l'un de l'autre,
les lettres qu'ils s'échangent , étant interceptées
par la grand-tante de Virginie. Virginie, par des moyens
détournés parvient enfin à faire parvenir à sa mère
une première lettre. Mme de la Tour découvre combien
sa fille est malheureuse en métropole. Quand la grand-tante
se met en tête de marier Virginie, celle-ci préfère
être déshéritée et chassée de France. Elle ne pense
plus dès lors qu'à Paul et au retour.

On annonce son retour imminent. Sur le chemin du retour,
au moment d'aborder son île natale, le Saint-Géran est
pris dans la tempête. Le bateau qui la ramène à l'île
de France fait naufrage sous les yeux de Paul et Virginie
se noie devant Paul, qui reste impuissant sur le rivage



Extrait choisi
et justification

"On vit alors un objet digne d'une éternelle pitié: une jeune demoiselle parut dans la galerie de la poupe du Saint-Géran, tendant les bras vers celui qui faisait tant d'efforts pour la joindre. C'était Virginie. Elle avait reconnu son amant à son intrépidité. La vue de cette aimable personne, exposée à un si terrible danger, nous remplit de douleur et de désespoir. Pour Virginie, d'un port noble et assuré, elle nous faisait signe de la main, comme nous disant un éternel adieu. Tous les matelots s'étaient jetés à la mer. Il n'en restait plus qu'un sur le pont, qui était tout nu et nerveux comme Hercule. Il s'approcha de Virginie avec respect: nous le vîmes se jeter à ses genoux, et s'efforcer même de lui ôter ses habits; mais elle, le repoussant avec dignité, détourna de lui sa vue. On entendit aussitôt ces cris redoublés des spectateurs: "Sauvez-la, sauvez-la; ne la quittez pas!" Mais dans ce moment une montagne d'eau d'une effroyable grandeur s'engouffra entre l'île d'Ambre et la côte, et s'avança en rugissant vers le vaisseau, qu'elle menaçait de ses flancs noirs et de ses sommets écumants. A cette terrible vue le matelot s'élança seul à la mer; et Virginie, voyant la mort inévitable, posa une main sur ses habits, l'autre sur son cœur, et levant en haut des yeux sereins, parut un ange qui prend son vol vers les cieux.
O jour affreux! hélas! tout fut englouti. La lame jeta bien d'humanité avait portés à s'avancer vers Virginie, ainsi que le matelot qui l'avait voulu sauver à la nage. Cet homme, échappé à une mort presque certaine, s'agenouilla sur le sable, en disant: "O mon Dieu! vous m'avez sauvé la vie; mais je l'aurais donnée de bon cœur pour cette digne demoiselle qui n'a jamais voulu se déshabiller comme moi." Domingue et moi nous retirâmes des flots le malheureux Paul sans connaissance, rendant le sang par la bouche et par les oreilles."



Cet extrait m'a plu car il montre toute la détresse d'un personnage qui voit la femme et son amour être engloutis dans la mer. Cette tempête est créée par la nature ce qui nous montre que même une vie élogieuse et vertueuse n'est pas suffisante pour être à l'abri du danger. La présence du narrateur qui s'implique instaure un certain cynisme quand au sort de Virginie. De plus, j'ai apprécié le côté digne, pudique et entêté dont Virginie fait preuve. Cela est peut-être un peu exagéré étant donné que sa vie en dépendait. Néanmoins, cela montre bien l'éducation et la vertu qu'elle veut tenir jusqu'à son dernier instant. Bien que cela peut paraître un futile voire stupide de décider de mourir pour ses raisons.



Ressource Web

Document créé le 23/03/2010
par Jacques-Arthur THIRION




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Dernière modification le 25/01/2009 - 18:31

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