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Mardi 2 Juin 2020 , il est 10:47.

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Titre La Religieuse
Auteur Denis Diderot

Edition © Claire Jaquier, Livre de poche Classique, 2008 - [ Première publication en 1796 ]

Genre Roman
Registre Pathétique

Personnages principaux # Suzanne
# M. Manouri
# Madame ***
# Sainte Christine
# P. Lemoine

Appréciation personnelle
Critique - Analyses




La Religieuse de Diderot se repose sur une alternance de récits et de discours où Suzanne retranscrit, commente, et juge son passé en s’adressant à la sensibilité et à la raison de son destinataire, M. le marquis de Croismare. C’est un roman sombre, proche du roman noir quand il s’agit de peindre des souffrances, mais toujours avec un esprit philosophique. La tonalité sombre de ce récit crée une scène pathétique, impressionniste, destinée à émouvoir. Par ce texte Diderot dénonce l’Eglise, la pression qu’elle exerce sur la population en générale et plus particulièrement les jeunes filles, mais aussi les comportements inhumains.


Le thème de la persécution dans La Religieuse se confirme au moment où Suzanne décide de manifester son opposition à Sœur Sainte Christine. Cette persécution se fait pressentir au fur et à mesure d’abord par le billet de sa mère et ensuite par l’écho de son ancienne mère supérieure, Sœur Moni. Suzanne est inlassablement persécutée par Sœur Sainte Christine et les autres religieuses de Longchamp : « On ne se plaignit plus de moi aux supérieurs, mais on s’occupa à me rendre la vie dure. On défendit aux autres religieuses de m’approcher ; et bientôt je me trouvai seule… je fus châtiée de la manière la plus inhumaine… J’ai du courage ; mais il n’en est point qui tienne contre l’abandon, la solitude, et la persécution »


Autour de toute cette souffrance Diderot introduit aussi des personnages humains comme sœur Sainte-Ursule quand Suzanne tombe malade,  « Elle ne m’avait point quittée ; elle avait passé la nuit à me secourir, à répéter les prières des agonisants, à me faire baiser le christ et à l’approcher de ses lèvres, après l’avoir séparé des miennes ». Il la présente comme un personnage infatigable qui aide Suzanne. M. Manouri , son avocat, est aussi un personnage bienfaiteur qui l’aide beaucoup à améliorer sa situation. Ce dernier offre une dot pour que Suzanne puisse aller à Sainte-Eutrope et y mener une vie meilleure. Quoi que cela ne puisse pas se réaliser à long terme, Suzanne continue de rencontrer d’autres personnages comme « le bonhomme » Hébert et ses deux compagnons qui la « saluèrent d’un air très affectueux et très doux ». Dom Morel aussi « avait presque subi les mêmes persécutions domestiques et religieuses » que Suzanne.


Ainsi, les aspects structurels de ce roman reflètent les thèmes principaux de l’œuvre : la persécution, la solitude, l’innocence perdue, et la folie, tous les effets de la corruption dans l’institution monastique.


 



Résumé

A Paris vers 1760, Suzanne Simonin est envoyée dans un couvent alors que ses deux sœurs sont richement dotées et mariées. Malgré la contrainte, elle refuse de prononcer ses vœux à l’issue du noviciat. Renvoyée chez ses parents et enfermée dans sa chambre elle apprend que son père n’est pas son vrai père biologique ce qui la rend illégitime, elle doit donc expier la faute de sa mère et elle finit donc par accepté de rentré dans un couvent pour satisfaire sa mère. Elle accepte de prononcé ses vœux grâce à sa nouvelle supérieure qu’elle apprécie beaucoup. Malheureusement celle-ci  meure et est remplacée par une autre supérieure plus sévère. Elle décide de rompre ses vœux ce qui la fera vivre un véritable calvaire. Elle est finalement  enlevée du couvent par son avocat qui la placera dans un autre couvent. Elle rencontre là-bas sa nouvelle supérieure qui a un comportement trop gentil avec Suzanne. Cette passion de la supérieure pour Suzanne finit par attirer les foudres de la sœur Thérèse. Celle-ci en veut terriblement  à Suzanne et la menace à plusieurs reprises. Le directeur lors de la confession demande à Suzanne de ne plus s’approcher de sa supérieure et de la fuir. Cet acte rend folle la supérieur et celle-ci finit par mourir. Suzanne avec l’aide du nouveau directeur s’échappe du couvent et trouve refuge chez un couple de commerçant où elle attend dans la peur de se faire prendre la réponse du marquis qui elle l’espère la sauvera réellement.



Extrait choisi
et justification

«  Je connaissais les compagnes que je quittais, et je n’avais pas de peine à vivre avec d’autres prisonnières ; quelles qu’elles fussent, elles ne pouvaient être ni plus méchantes, ni plus malintentionnées. Le samedi matin, sur les neuf heures, il se fit un grand mouvement dans la maison ; il faut bien peu de chose pour mettre des têtes de religieuses en l’air. On allait, on venait, on se parlait bas ; les portes des dortoirs s’ouvraient et se fermaient ; c’est, comme vous l’avez pu voir jusqu’ici, le signal des révolutions monastiques. J’écoutais à la porte, je regardais par ma fenêtre, je me démenais sans savoir ce que je faisais ; "C’est moi qu’on vient chercher ; tout à l’heure je n’y serai plus …" et je ne me trompais pas. »


 J’ai aimé ce passage car il montre bien la joie de Suzanne de quitter son couvent pour un autre meilleur. Elle pense que ces malheurs sont terminés et qu’elle ne pourra vivre que plus heureuse là-bas alors que ces malheurs continueront, elle sera même obligé de prendre la fuite et de vivre en exile. C’est aussi ici qu’elle rencontre sa nouvelle supérieure qui malgré sa gentillesse extrême envers elle, va la faire souffrir tout autant. et alors ?


 



Ressource Web

Document créé le 21/03/2010
par Tanguy DREAU




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Dernière modification le 25/01/2009 - 18:31

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