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Mardi 2 Juin 2020 , il est 9:5.

Fiche validée : elle va être affichée sur la zone de consultation publique. Bravo !!

Titre La Religieuse
Auteur Diderot

Edition © Gallimard, Folio Classique, 1972 - [ Première publication en 1796 ]

Genre Roman
Registre Pathétique

Personnages principaux # Soeur Suzanne
# Mme de Moni
# Sainte Christine
# supérieure de Sainte-Eutrope

Appréciation personnelle
Critique - Analyses


Pas de note précisée.

Suzanne est déterminée, elle ne se résigne jamais, et cependant son désir de ne pas être nonne ne se justifie pas par l'athéisme, car elle est au contraire très pieuse. Il est seulement dicté par son désir de liberté, ce qui n'est pas habituel pour l'époque. De plus, ce roman nous appprend beaucoup sur la vie religieuse, et j'ai aimé la réflexion de Diderot à propos de la violence et de la cruauté que peut provoquer l'enfermement. En effet, malgré les harcèlements dont le personnage principal est victime, et les critiques de la religion, j'ai apprécié le roman, avant tout par sa morale, mais aussi par sa forme de “mémoires”.


Tout d'abord, La Religieuse naît d'une mystification. En effet, à partir des années 1760, un marquis crédule croit recevoir les lettres d'une femme enfuie de son couvent, écrites par Denis Diderot. L'affaire découverte, celui-ci décide d'en faire un roman.
Puis entre 1780 et 1782, les différents épidodes, réecrits par Diderot, son publiés en feuilletons. Ce n'est qu'en 1796, quelques années après la mort de l'auteur, que le roman fut édité.


C’est donc sous la forme de manuscrits, écrits par la jeune victime, et destinés à être envoyés au Marquis de Croismare, dont elle sollicite la protection, que l'infortune de Suzanne Simonin nous est livrée. Cette évocation à la première personne provoque d'autant plus la sensibilité et la sympathie du lecteur.
L’histoire est inspirée de celle d’une religieuse de Longchamp nommé Marguerite Delamarre, qui avait écrit à la justice, demandant d’être libérée du cloître où ses parents l’avaient enfermée.

La Religieuse est un roman-mémoires, caractérisé par la narration rétrospective et l'utilisation de la première personne du singulier. Par conséquent, le personnage de Suzanne sait faire preuve d'analyse dans sa narration rétrospective. Le point de vue dominant est celui de la narratrice, Suzanne Simonin, exprimé par la souffrance. De plus, l'utilisation du "je" entraîne une accentuation de l'émotion.

L’innocence, la solitude, l’univers clos et la persécution sont les principaux thèmes développés dans ce roman. En effet, l'innocence et la solitude sont incarnés par Soeur Suzanne, l'univers clos est représenté par le couvent, et la persécution par les atteintes morales et physiques de la supérieure sur Mlle Simonin.

D'autre part, le mystère de l'histoire, la naissance secrète de Suzanne Simonin, ou encore son évasion, peuvent permettre une comparaison de ce roman avec le genre policier. En effet, à travers les trois douloureux séjours du personnage principal dans des couvents différents, Diderot se livre à une véritable enquête. La Religieuse pourrait également s'apparenter au roman libertin, qui est caractérisé entre autres par la libération des moeurs sexuelles.


L’auteur critique un précepte de la Bible selon lequel les enfants paieront pour les crimes de leurs parents. Il blâme également les institutions religieuses, contraires à la véritable religion dans la mesure où elles mènent les individus aux souffrances et à la damnation éternelle. Ce roman est donc un vrai et violent réquisitoire.
Nous pouvons dire que La Religieuse et une œuvre anticléricale, c’est à dire qu’elle exprime l’opposition de l’auteur quant à l’intervention du clergé dans la vie publique. En effet, elle montre l’importance de la liberté de choisir son destin.
Suzanne Simonin, dominée par le pouvoir religieux, peut être comparée à Manon Lescaut. Ces deux personnages sont prisonniers d’un climat autoritaire et tentent tout au long de leur vie de modifier un destin qu’elles n’ont pas choisi. En effet, le destin de ces femmes restent marqué par les codes moraux et religieux de l’époque.
De plus, Diderot critique le monde clos de ces communautés religieuses qui entraînent la dégradation de la nature humaine. Le désoeuvrement, l'inutilité sociale, et la promiscuité plongent peu à peu ces individus dans les rêveries morbides ou mystiques, puis dans la folie, et les mènent parfois au suicide.

Pour finir, nous pouvons dire que La Religieuse est un roman qui s'adresse à la fois à la raison du lecteur et à sa sensibilité.


Note ? 


 



Résumé


Suzanne, une des trois filles de la famille Simonin, est envoyée de force par ses parents au couvent de Sainte-Marie pour y faire son noviciat. En effet, Suzanne a toujours été rejetée par ses parents ; sans doute car elle est le fruit d’un adultère. Cependant, cette jeune femme de nature très juste et indulgente, ne ressent aucune conviction à devenir religieuse. C'est donc sous la contrainte, que Suzanne fait vœu de pauvreté, de chasteté et d'obéissance.


Elle rencontre dans ce couvent la supérieure de Moni, pour laquelle elle se lie d’amitié. Mais suite au décès de Mme de Moni, une nouvelle supérieure prend la tête du couvent ; Sainte Christinne. Celle-ci va alors se venger de sœur Suzanne et de l’amour qu’elle porte pour la précédente supérieure en opérant un véritable harcèlement physique et moral sur elle. sois précise, c'est tout l'intérêt de ce réquisitoire contre la religion !


Cependant, son avocat maître Manouri réussit à la faire transférer dans un autre couvent ; le couvent Sainte-Eutrope. C’est alors qu’elle rencontre sa troisième supérieure, qui s’éprend passionnément pour elle, et entreprend de la séduire. Mais, sous l’ordre du directeur Lemoine, Sœur Suzanne repousse les avances de sa supérieure, et celle-ci sombre alors dans la folie et meurt dans le chagrin. Etant incapable de rester enfermée plus longtemps, la jeune fille s’enfuit du couvent. Elle vit désormais libre, au service d'une blanchisseuse, mais dans la peur d’être reprise.




Extrait choisi
et justification

"Peut-être mon père avait-il quelque incertitude sur ma naissance ; peut-être rappelais-je à ma mère une faute qu’elle avait commise, et l’ingratitude d’un homme qu’elle avait trop écouté ; que sais-je ? Mais quand ces soupçons seraient mal fondés, que risquerais-je à vous les confier ? Vous brûlerez cet écrit, et je vous promets de brûler vos réponses."


Dans cet extrait, Suzanne Simonin rappelle au lecteur et au marquis l'illégitimité de sa naissance, et exprime l'injustice dont elle est victime. En effet, sa mère a commis l'adultère et pense pouvoir être pardonnée de son pêché en envoyant sa fille au couvent. Les questions oratoires marquent la naïveté et l'insouciance de Suzanne, face à la trahison de ses parents.


J'ai choisi cet extrait car il exprime une des critiques importantes de l'auteur ; celle d'un précepte de la Bible selon lequel les enfants doivent payer pour les crimes de leurs parents.


 





Ressource Web http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Religieuse

Document créé le 21/03/2010
par Pauline LAB




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Dernière modification le 25/01/2009 - 18:31

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